Odile Maurin et des militants en situation d'handicap, avant leur procès le 23 mars. / © Lola Cros

Prison avec sursis pour les militants en situation d’handicap à Toulouse

Attendu pour le 4 mai, le délibéré a finalement été rendu ce mercredi 19 mai dans l'affaire des seize personnes en situation de handicap jugées, le 23 mars dernier, devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Il leur était reproché d'avoir bloqué un TGV en gare de Toulouse et d'avoir occupé une piste de l’aéroport de Toulouse en 2018. Deux actions militantes organisées à l'époque pour réclamer notamment la mise en accessibilité des voies, promises par la SNCF en gare de Toulouse depuis plusieurs années.

Les seize prévenus ont été reconnus coupables. Quatorze ont écopé d'une peine de deux mois de prison avec sursis. Une prévenue, présente sur la seule action à la gare de Toulouse, a été condamnée à payer une amende de 750 euros - soit l'équivalent d'un mois d'allocation adulte handicapé, en plus de l'amende administrative de 750 euros déjà infligée au seize prévenus en 2018. Odile Maurin, présidente de Handi-Social et élue municipale d'opposition (Archipel Citoyen), a été plus lourdement condamnée à six mois de prison avec sursis et une amende de 750 euros. 

« C'est un jugement politique, réagit-elle. Il n'a pas vocation à apaiser la situation. Il confirme plutôt que le tribunal s'enferme dans une logique destinée à faire taire les revendications. Nous admettons que notre action était hors-la-loi, mais il n'y avait pas obligation de peine. La salle de délibéré, comme la salle d'audience, n'était pas accessible à nos fauteuils et la jauge sanitaire était dépassée : donc cette même Justice ne respecte pas la loi et voudrait la faire appliquer ? » Et de reprendre : « Depuis notre naissance ou notre accident de vie, nous sommes tous déjà emprisonnés, car nous n'avons pas accès à nos droits fondamentaux en étant handicapés. Et ils voudraient nous menacer d'aller en prison pour avoir osé demander de faire respecter nos droits ? »

Au titre des dommages et intérêts, les prévenus devront verser 1 491 euros à la SNCF, un euro symbolique à Airbus et à l'Aéroport de Toulouse-Blagnac. Quant à Air France, la décision a été mise en délibéré au mois d'octobre 2021.

Regrettant de ne pas avoir été entendus dans leurs revendications, douze des seize prévenus - tous membres de l'association Handi-Social - ont déjà fait part de leur volonté de faire appel de cette décision. Ils promettent « d'aller jusqu'à la Cour européenne s'il le faut » pour faire entendre leurs droits.

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