Les agents de sécurité du Conseil régional se sont précipités vers les militants de l'Action française, pour arrêter leur intrusion dans hémicycle. / © Vidéo Région Occitanie

Deux élus impliqués dans l’intrusion au conseil régional d’Occitanie

Le 25 mars 2021, neuf personnes ont fait intrusion lors de l'assemblée plénière du Conseil régional d'Occitanie, à Toulouse, pour perturber le vote des élus. Après plusieurs semaines d'enquête, le parquet de la République de Toulouse vient de donner quelques détails sur cet acte revendiqué par l'Action française, un groupuscule nationaliste et royaliste d'extrême-droite.

Comme nous l'avions détaillé dans notre article de mars dernier, les militants se sont introduits dans le bâtiment via le parking souterrain. D'après le cabinet de la présidente socialiste Carole Delga, des images de vidéosurveillance montrent une voiture « avec beaucoup de monde dedans » faire son entrée dans l'édifice sans se présenter au poste de contrôle d'identité. Selon le récit du procureur de la République Dominique Alzéari, les militants ont été « conduits sur place par deux élus de l’assemblée régionale », avant de s’introduire jusqu’à l’entrée de l’hémicycle « munis d’un mégaphone ainsi que d’une banderole sur laquelle étaient inscrits les termes suivants : "Islamo-gauchistes, traîtres à la France" ». Ils ont ensuite « outragé dans les mêmes termes Madame la Présidente de la Région Occitanie et les élus présents dans l’exercice de leur mandat », précise le procureur, avant être « empêchés de pénétrer plus avant » par l’intervention des services de sécurité. « Des violences ont été commises à l’encontre de plusieurs agents, avant que ces personnes puissent être reconduites à l’extérieur de ce bâtiment public », précise encore Dominique Alzéari.

Depuis lors, quatre auteurs présumés ont été identifiés - dont un élu - et placés en garde à vue. « Les personnes en cause ont fait usage du droit au silence qui leur est légalement reconnu », selon le parquet de Toulouse, qui a engagé des poursuites pénales à leur encontre. Les quatre prévenus seront jugés par le Tribunal correctionnel de Toulouse, le 10 décembre 2021, pour « outrages à personnes dépositaires de l’autorité publique et violences volontaires n’ayant pas entraîné d’ITT [Incapacité temporaire ou totale de travail] commises en réunion sur personnes chargées d’une mission de service public ».

Interrogé vendredi 28 septembre, le cabinet de Carole Delga a indiqué dans un premier temps qu'aucun commentaire politique ne serait fait sur ce sujet en raison de la campagne électorale en cours, avant de changer d'avis. Dans un communiqué daté du 29 septembre, Carole Delga précise que le conseiller régional poursuivi est l'ex-élu RN Emmanuel Crenne. Contacté, celui-ci n'a pas réagit pour le moment.

La présidente socialiste sortante dénonce également « la volonté de l'extrême droite, en Occitanie, d'utiliser tous les moyens pour tenter de déstabiliser le Conseil régional », citant « les nombreux actes d'intimidation lors des assemblées plénières, mais également de menaces de mort à mon domicile, par des appels ou courriers anonymes ». Carole Delga rapporte aussi que des collaborateurs du groupe régional du RN auraient invité des membres de Génération Identitaire pour visiter l'hôtel de Région à Toulouse, quelques semaines après l'intrusion de l'Action française. Rien d'étonnant vu les liens entre le RN d'Occitanie et ce groupuscule dissout en mars dernier.

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Nourrit sa curiosité en tant que journaliste depuis l'an deux mille quatorze. S'intéresse aux innombrables facettes de notre société. Rédacteur en chef de Mediacités à Toulouse depuis octobre 2019.

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