Plan de situation de la future 3e ligne de métro à Toulouse.

Troisième ligne de métro : une étude d’impact encore imparfaite

«Bien, mais peut mieux faire. » C'est en substance l'avis rendu par la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAE) sur l’étude d’impact de la construction de la troisième ligne de métro, dont la mise en service est annoncée en 2028. Cette étude, qui doit justifier les choix retenus par le maître d’ouvrage et démontrer la bonne prise en compte de la réduction des incidences sur l’environnement, a été actualisée par Tisséo Collectivités. La MRAE , qui avait déjà rendu un avis en 2019, vient donc de redonner son point de vue, le 24 juin.     

Reconnaissant sa « grande qualité », la MRAE souligne toutefois certaines carences du document. Par exemple, les effets cumulés sur le trafic routier des travaux de la troisième ligne de métro avec ceux des autres grands chantiers (Grand Matabiau – Quai d’Oc, ZAC Malepère, ZAC Aérospace à Montaudran, ZAC Enova) ne sont pas pris en compte. « Cette simultanéité va notamment induire un cumul d’impacts lié aux déplacements (gestion des déviations de circulation), aux transports lourds (amené et évacuation des matériaux et déchets) et à la recherche d’exutoires pour les déblais excédentaires (voire l’usage de plates-formes transitoires) », écrivent les experts qui recommandent « de mettre en place un dispositif de coordination avec les autres grands chantiers à proximité ».

Concernant l'impact sur le trafic routier, la MRAE relève que le nombre total de kilomètres parcourus en voiture va croître de 560 000 kilomètres par jour d'ici à 2030, malgré la mise en service de la troisième ligne de métro. « Il est ainsi confirmé que (...) les effets de congestion ne seront pas évités », même si l’importance et la localisation de ces congestions ne sont pas identifiées - et donc analysées. Sans nouvelle ligne de métro, la situation serait toutefois bien pire, puisque la croissance du trafic routier est alors estimée à 1,3 million de kilomètres par jour.

Pour la MRAE, les politiques de stationnement ne sont pas assez précises. Ainsi, l'aire de stationnement de la gare de Colomiers est sous-dimensionnée, mais aucune mesure de report n’est proposée. La Mission note aussi que l’interconnexion entre la ligne de tramway existante, la troisième ligne de métro et la ligne aéroport express risque de congestionner le secteur autour du rond-point Jean-Maga, à Blagnac, l’un des principaux points d’accès à Purpan et à la rocade depuis Blagnac. L’autorité recommande d’étudier d’autres scénarii. 

Sur le plan environnemental, la MRAE remarque la faiblesse de l'étude d'impact dans son chapitre dédié aux effets de l’urbanisation sur l’environnement. Elle recommande de « présenter une analyse complète et approfondie des impacts associés aux aménagements urbains aux abords des stations » et de « définir les mesures environnementales correspondantes permettant d’éviter, réduire, voire compenser ces impacts ». Rappelant que le chantier va produire 2,7 millions de mètres cubes de déblais - soit 5 millions de tonnes -, les experts estiment qu'il manque des preuves établissant que l’ensemble pourra bien être stocké dans le périmètre prévu.

Enfin, la MRAE s'interroge sur les mesures compensatoires et leur localisation. « En surface, près de la moitié des mesures compensatoires proposées (7 ha) se situent sur le site de Montgiscard, à 9,6 kilomètres au sud du tracé. Même s'il est attendu une réelle plus-value écologique sur ce site, les experts notent qu'une « compensation trop éloignée implique de fait une dégradation non compensée pour les habitants du territoire impacté ».

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