Des jeunes du TMFC à l'entrainement. / DR

Irrégularités en série au « Toulouse Métro »

Que cherchent à cacher les dirigeants du Toulouse Métropole Football Club (TMFC) ? Les comptes financiers du plus important club de foot amateur toulousain n’ont pas été publiés depuis la dernière assemblée générale en octobre 2019, alors que la loi l’y oblige.

Cette absence de transparence financière a poussé la section futsal (ex Bruguières SC Futsal qui a rejoint le club en 2018) à introduire une assignation en référé auprès du tribunal judiciaire de Toulouse, le 3 mai dernier, pour obtenir les informations concernées.     

L’enjeu est important, car la section futsal, qui évolue en première division nationale, passe actuellement devant la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), le gendarme financier du football. Faute de comptes présentés en bonne et due forme, elle risque une amende, voire une rétrogradation administrative.

Les futsaleurs dénoncent également le non-renouvellement des deux tiers des membres du conseil d’administration comme le prévoient pourtant les statuts de l’association sportive, et réclament la révocation de Christian Ragout, le président du club, du fait de ces irrégularités. Du côté de ce dernier, par l’intermédiaire de son avocat Jean Félix, on reconnaît un retard « de six mois lié à la situation sanitaire » dans la publication des comptes et on fustige « la volonté de la section futsal de prendre le pouvoir au sein du club ».

La fronde ne se limite pas aux joueurs de foot en salle. Certains dirigeants des sections de football en herbe ont démissionné ces derniers mois. Excédés par la gestion de Christian Ragout, plusieurs d’entre eux dévoilent un fonctionnement financier questionnable qu’ils qualifient de « plus proche de celui d’une entreprise familiale que de celui d’une association ».

Malgré la présence d’un trésorier, certains chèques, destinés à rémunérer les éducateurs du club, ont été signés par Élisabeth Ragout, la femme du président du club, alors que celle-ci n’occupe pas de fonction officielle. Selon nos informations, ces rémunérations seraient travesties en remboursement de frais kilométriques, au lieu d'être versées sous la forme de salaire. Une irrégularité de plus qui permettrait de faire l'impasse sur les cotisations sociales. Le club dispose pourtant d’un solide budget de 480 000 euros, dont 148 000 euros de subvention de la mairie de Toulouse * cette année.     

Alertée à plusieurs reprises sur la situation en sa qualité de principal financeur, la municipalité préfère botter en touche. « On prend 150 000 euros de subventions et la mairie nous dit qu’ils ne feront rien, c’est quand même incroyable alors qu’elle est intervenue pour bien moins que ça par le passé », s’exaspère un responsable du club. De fait, la mairie n’avait pas hésité à lancer un audit sur l’AS Izards en 2018, puis à couper progressivement les subventions.

Invitée à réagir à la situation, la municipalité reste sur sa position. « La mairie de Toulouse et la métropole ne feront aucun commentaire à Mediacités sur ce dossier. Ce sont des affaires internes au club, on n’a pas à vous répondre sur cette question parce que la mairie n’est pas concernée », indique-t-elle. L’adjointe aux sports, Laurence Arribagé, est moins laconique avec nos confrères de La Dépêche. « Nous verrons à l’issue des procédures en cours s’il y a des conséquences pénales pour suspendre éventuellement le versement de notre subvention », explique l’élue Les Républicains.

En attendant la décision du tribunal, la situation pourrait évoluer rapidement. D’après nos informations, la section futsal vient tout juste de reprendre son indépendance, trois ans à peine après avoir rejoint le TMFC, et une action au pénal serait sérieusement envisagée par des anciens dirigeants de la section football en herbe.

Précédemment dans l'Oeil

L’Ordre des avocats et l’Observatoire international des prisons demandent au ministère de la Justice d’améliorer les conditions de détention à Seysses

Ils demandent à la justice de forcer l’État à tenir compte du rapport de la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté.

Le député LR Aurélien Pradié se dote d’un micro-parti

L’ancienne tête de liste Les Républicains aux élections régionales vient, à son tour, de créer son micro-parti. Une structure qui a vocation à perdurer, même si son mouvement politique restera Les Républicains.