Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole, lors de ses vœux à la presse, le 6 janvier 2022.

Face aux éboueurs en grève, Jean-Luc Moudenc menace de privatiser la collecte des déchets

Alors que la grève des éboueurs se durcit et que les dernières négociations ont échoué, le président de Toulouse Métropole a adressé deux mises en garde aux grévistes lors de ses vœux à la presse, ce jeudi 6 janvier.

« Aucun jour de grève ne leur sera payé. Je le dis, car je ne suis pas certain que la base soit au courant, avertit Jean-Luc Moudenc. De plus, si l'actuelle paralysie devait perdurer, les grévistes feraient eux-mêmes la démonstration qu'il n'est pas possible d'appliquer la loi avec eux. Or, je reçois des demandes des citoyens de confier la collecte des ordures à des entreprises privées. La délégation de service public n'est pas la solution que je préfère, mais c'est une solution demandée par certains habitants. »

https://www.mediacites.fr/enquete/lyon/2018/01/17/poubelles-lyonnaises-les-effets-pervers-de-la-privatisation/

Le maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole rappelle que, depuis l'ouverture des discussions le 2 novembre, la collectivité a proposé deux jours, puis cinq, puis sept, puis neuf jours de compensation en échange de la fin du parti-fini. « Je n'accorderai jamais 28 jours, et encore moins 34 jours, précise Jean-Luc Moudenc. À Nantes, la métropole a accordé six jours de congés supplémentaires. Ici, ma référence, ce sont les onze jours accordés à la police municipale. »

Le PCF demande au maire de tenir sa parole

Dans un communiqué, Pierre Lacaze, secrétaire départemental du PCF 31 et élu d'opposition à Toulouse et à Toulouse Métropole, demande à Jean-Luc Moudenc de « reconnaître la haute pénibilité du travail dans la collecte de déchets et à ouvrir les négociations avec un haut niveau d’écoute », comme il était engagé lors du conseil métropolitain du 16 décembre, dans la mesure où les agents ont renoncé au fini parti.

Pour Pierre Lacaze, « la grève s'enlise et la colère des agents s'aggrave car ils considèrent avoir été trahi par la parole donnée. Ils ont répondu à la demande du maire de Toulouse mais celui-ci refuse de compenser raisonnablement cette avancée ». L'élu d'opposition poursuit : « la réalité, c’est que le maire de Toulouse, qui dirige les négociations sans s’y impliquer, joue comme souvent le pourrissement et l’absence de reconnaissance de la pénibilité du travail réalisé par les fonctionnaires ».

Avatar de Gael Cérez
Nourrit sa curiosité en tant que journaliste depuis l'an deux mille quatorze. S'intéresse aux innombrables facettes de notre société. Rédacteur en chef de Mediacités à Toulouse depuis octobre 2019.

Précédemment dans l'Oeil

Avec l’affaire du « Picasso des églises », le nouvel archevêque de Toulouse Guy de Kerimel au cœur de la controverse

Guy de Kerimel était au courant des témoignages contre l'abbé Louis Ribes depuis 2016, mais n'a enclenché aucune enquête sérieuse sur ces accusations d'agressions sexuelles.

La cour d’appel de Toulouse manque toujours de personnel

Pour le premier président et le procureur général de la cour d'appel de Toulouse, les effectifs de magistrats et de fonctionnaires ne sont pas à la hauteur des besoins.