Le député Sébastien Nadot et la ministre Brigitte Bourguignon, à l'assemblée nationale, lors des questions au gouvernement. / Crédit photo Assemblée nationale.

L’hôpital Joseph Ducuing s’invite au Palais Bourbon

Alors que l'hôpital public français traverse une profonde crise, le cas spécifique d'un établissement de santé toulousain a été évoqué mardi matin, à l'Assemblée nationale, lors des questions au gouvernement.

Le député de la 10e circonscription de la Haute-Garonne, Sébastien Nadot , a interpellé le ministre de la Santé à propos de la fermeture du service de médecine interne de l'Hôpital Joseph Ducuing (HJD). Une fermeture de près de 40 lits survenue le 17 décembre dans cet hôpital social situé au cœur de Toulouse. Fondé par des résistants au franquisme, l'HJD est en proie depuis quatre ans à une politique de la direction brutale et très décriée en interne, que Mediapart a documentée récemment.  

« Cette fermeture qui met à mal la continuité des soins est la conséquence directe du départ de plusieurs médecins du fait d'un management totalement inadapté depuis 2018 », a résumé le député dans son adresse au ministre. Évoquant un « service de grande qualité qui venait en aide à des personnes en grande détresse », il a demandé au gouvernement de prendre ses responsabilités : « Quand allez-vous intervenir pour qu'une nouvelle direction rouvre le service de médecine interne de Ducuing au plus vite dans de bonnes conditions pour les patients et les professionnels, c'est-à-dire en faisant revenir les médecins démissionnaires ? »

La réponse est venue de Brigitte Bourguignon, Ministre déléguée chargée de l'Autonomie sous la tutelle du ministère de la Santé. « Une enquête que nous avons demandée a été réalisée en fin d'année et démontre qu'il y a une baisse du capacitaire de 5 % dans notre pays, qui est plus importante dans votre département. C'est vrai, il y a 100 arrêts maladie dans l'hôpital que vous décrivez », a-t-elle reconnu avant de vanter les « efforts inédits » du gouvernement et les « 6,3 millions » accordés à l'HJD. « Votre région n'est pas oubliée, loin s'en faut. Je souhaite que des réponses puissent être apportées à la situation particulière que vous évoquez au milieu d'une question d'actualité », a-t-elle conclu, reprochant au député d'avoir porté ce sujet au moment des questions au gouvernement.

« Je propose que Monsieur Véran vienne comprendre sur place ce qui se passe, parce que manifestement vous ne m'avez pas répondu à un sujet qui est bien d'actualité, croyez-en les patients qui ne peuvent plus avoir leur traitement aujourd'hui », a rétorqué Sébastien Nadot.

Le 6 janvier dernier, le conseil d'administration de l'association des amis de la médecine sociale (AMS) qui dirige l'hôpital a remplacé Michel Roumy, 37 ans de présidence, par Claudine Regourd. Dans un communiqué diffusé 4 jours plus tard, l'AMS assurait que l’HJD « sait pouvoir compter sur le professionnalisme et l'implication collective des personnels et la confiance des patients (…) pour assurer une médecine de qualité pour tous, sans dépassement d'honoraires ». Le communiqué ne contenait aucune indication sur le maintien ou le remplacement de l'actuel directeur Eric Fallet, cible de toutes les critiques des personnels démissionnaires. Pas certain qu'il suffise à apaiser une colère désormais portée à la connaissance du gouvernement.

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