Sécheresses : « Elles sont désormais historiques tous les ans, la bascule date de 2017 »

Pour l’hydrologue Emma Haziza, nous sommes entrés dans une ère où l’eau ne sera plus abondante. À cause du réchauffement climatique, mais aussi et surtout de notre modèle de société basé sur une surexploitation de la ressource. La scientifique invite les acteurs locaux à agir chacun à son échelle pour mettre en œuvre des solutions « archi-connues ».

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Alors que les six premiers mois de l’année 2022 ont été les plus chauds jamais enregistrés en France, l’hydrologue Emma Haziza alerte sur un « un risque de rupture » pour la ressource en eau. Illustration : Pierre Leibovici / Mediacités

Elle est l’une des voix qui portent sur le sujet de la sécheresse et de la gestion de l’eau. Depuis près de quinze ans, l'hydrologue Emma Haziza répète le même message : nous surexploitons cette ressource en faisant mine de croire qu’elle restera aussi abondante.    

Selon elle, nous avons pourtant déjà basculé ces dernières années dans une nouvelle ère, avec des sécheresses éclair capables de modifier très vite les situations locales. Face à ce constat, Emma Haziza regrette que le débat public se focalise sur la question de l’eau potable, notamment dans les villes, au détriment d’une remise en question d’un modèle agricole et industriel prédateur de cette ressource. « Est-ce qu'on va choisir nos climatiseurs l'été ou les poissons ? », s’interroge-t-elle pour Mediacités.

Mediacités : Vous alertez depuis plusieurs années sur le sujet de la sécheresse. Le grand public n’est pas suffisamment informé de ces enjeux ?  

Emma Haziza : J'ai commencé à suivre les sécheresses en 2003. J’observe le taux d'humidité des sols, le niveau des nappes, des cours d'eau. Dans les . . .

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Temps de lecture : 10 minutes

Par Mathieu Périsse