Face au dérèglement climatique, la nécessité de former les décideurs politiques

En 2020, 20 % des parlementaires pensaient que le réchauffement climatique était un phénomène naturel qui a toujours existé, selon un sondage de l’Ademe. Face au constat des connaissances trop souvent lacunaires sur le sujet, une quarantaine de scientifiques ont formé les députés volontaires sur le climat et la biodiversité. Comme la chercheuse Charlotte Francesiaz, pour qui cette démarche essentielle devrait même être rendue obligatoire.

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Face à l’urgence climatique, Charlotte Francesiaz, chercheuse à l’Office français de la biodiversité insiste sur la nécessité de former nos décideurs politiques. Illustration : Pierre Leibovici / Mediacités.

Les décideurs politiques connaissent-ils suffisamment les enjeux du dérèglement climatique sur lesquels ils vont être amenés à légiférer ? C’est pour leur donner quelques bases sur le climat et la biodiversité que l’ancien député Matthieu Orphelin et le climatologue Christophe Cassou ont décidé de mettre en place une formation pour les députés volontaires. Une initiative inédite en France, qui a déjà été organisée en Suisse, en mai 2022.

Une quarantaine de scientifiques ont donc installé leur quartier général non loin de l’Assemblée nationale, aux Invalides, du 20 au 22 juin (une date stratégique calquée sur la rentrée politique des députés nouvellement élus). Charlotte Francesiaz, chercheuse à l’Office français de la biodiversité (OFB) a fait partie de cette équipe. Au fil des rencontres et des échanges, elle a pu constater le besoin de formation de nos élus lorsqu’il s’agit de climat et de biodiversité.  

Quel était l’objectif de ces trois jours d’échanges entre décideurs politiques et chercheurs ?

Charlotte Francesiaz : Le but, c’était de rencontrer le plus de députés possible. Le timing était donc très important : on est venus devant l’Assemblée nationale juste après les élections, à un moment où ils devaient tous être présents ! On voulait avoir un premier contact, les sensibiliser et les former aux enjeux majeurs de la biodiversité et du climat.

Il s’agissait aussi de dire aux politiques que nous, scientifiques, sommes là si besoin. Ce ne sont pas eux qui nous ont sollicités comme ils peuvent le faire parfois, mais nous qui nous sommes mis à leur disposition. Nous étions une quarantaine à être présents sur trois jours pour leur dire : toutes les décisions qui vont être prises ne peuvent pas s’affranchir des enjeux de climat et de biodiversité.

Nous espérons avoir planté quelques petites graines. Il y a quand-même un vrai besoin de prendre conscience de l’urgence climatique et des progrès énormes qu’il nous reste à faire pour vivre sur une planète viable et agréable…

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Publié le

Temps de lecture : 11 minutes

Par Brianne Cousin