Et la ville gagnante est... Lille. L’Institut de la Photo, annoncé en fanfare l’an dernier par le président du Conseil régional des Hauts-de-France, ouvrira fin 2020 dans l’ancien lycée professionnel Edouard Lalo, au 11, rue de Thionville. Plusieurs villes s’étaient portées candidates. Mais c’est le bâtiment situé dans le Vieux-Lille, choisi pour sa centralité, sa visibilité et son accessibilité internationale, qui accueillera celui qu’il faudra désormais appelé « Institut de la Photo Hauts-de-France ».

L’ancien lycée est la propriété de la Métropole européenne de Lille (MEL). Celle-ci a accepté de le mettre à disposition de la Région, membre fondateur de l'Institut avec les Rencontres d’Arles. Le Centre information orientation (CIO), qui y réside actuellement, devra donc déménager. L’ex-lycée bénéficiera d’une extension pour proposer un espace d’exposition de 1 500 mètres carrés sur les 3 600 mètres carrés du lieu. L’architecte lauréat sera choisi début 2019 et les travaux, estimés à 7 millions d’euros hors taxes, devraient se terminer fin 2020.

Environ 3 millions d'euros de budget de fonctionnement

Avant cette ouverture officielle, une première exposition photographique sera proposée au printemps 2019. La première année, le budget annuel de fonctionnement devrait atteindre 1,8 millions d’euros, financé par la Région. Puis il passera de 2,5 à 3 millions d’euros, avec l’aide de mécènes. Roubaix, Loos, Denain, Clermont et Soissons, les villes candidates malheureuses à l’accueil du futur Institut, ne devraient pas être oubliées dans le projet. « On réfléchit à un Institut hors les murs avec les structures déjà existantes et les villes candidates », assure Xavier Bertrand.

Les structures actuelles dédiées à la photo, telles que la Maison de la Photo (Fives-Lille), Diaphane (Clermont-de-l’Oise) ou le Centre Régional de la Photographie (Douchy-les-Mines) seront toutes présentes dans la gouvernance du futur Institut, aux côtés de la MEL, de l’État, de l'association Pictanovo, du Fresnoy et des universités de Lille et de Picardie) et demeurent dans le comité d’experts chargé de la mise en place d’un programme de soutien à la création. Une union sacrée au profit de la filière image ? Ou un simple paravent pour occulter les tensions des derniers mois, autour de la Maison de la photo à Lille ? L'avenir le dira.

Présidé par le producteur et réalisateur français Marin Karmitz, l'Institut de la photo des Hauts-de-France sera présenté au grand public du 17 au 19 octobre prochains lors de colloques à Roubaix, au Fresnoy à Tourcoing et au Nouveau Siècle à Lille. On y abordera les enjeux de la conservation et de la valorisation du patrimoine photographique ou les images comme ressources. « La photo est un genre terriblement populaire, au bon sens du terme, estime Xavier Bertrand. Avec nos smartphones, on est tous photographes. L’institut permettra à tout le monde d’être conscient du rôle des photographies ». Et aussi de l'action concrète d'un président de région, aux prises avec d'importantes difficultés (fusion délicate avec la Picardie, tensions sociales internes...) et un combat âpre contre le sous-emploi.