Comme feuilles en automne, plusieurs projets urbains inscrits à l'agenda de la Métropole européenne de Lille sont tombés du Plan local d'urbanisme (PLU2), qui sera soumis pour adoption à l'assemblée communautaire le 12 décembre prochain. Dans la nouvelle copie que Mediacités s'est procurée, toutes les réserves de la commission d'enquête publique posées cet été, et certaines de ses recommandations, ont été prises en compte.

Le projet du Moulin à Lesquin (420 logements), jugé difficilement compatible avec les conditions de circulation locales : recalé en l'état. L'extension urbaine sur terres cultivées de la Tribonnerie à Hem (250 logements) : recadrée. Celle de la Sablière à Ennetières-en-Weppes : abandonnée. Les 300 maisons et appartements du secteur des Lauriers à Wasquehal n'apparaissent plus dans le document. Quant au projet de 250 logements neufs à Neuville-en-Ferrain, il est conditionné à l'amélioration de la desserte du site. Et un autre, dans le bourg de Willems, passe de 200 à 127 habitations autorisées. A noter encore un rebattage des cartes concernant les aires d'accueil des gens du voyage : tous les emplacements réservés sont supprimés* et la question sera remise « en concertation »...     

Des points en suspens

Une confirmation enfin : les constructions et infrastructures envisagées sur l'aire de captage de l'eau potable de la métropole sont écartées, sauf à proximité du parc Eurasanté, de l'hôpital de Seclin et de l'aéroport de Lesquin (ce qui laisse une marge de manoeuvre au projet de la CCI « Lil'aéroparc »). Pour Bernard Delaby, vice-président de la MEL chargé de l'urbanisme, le document établi « après plus de 300 rencontres et réunions publiques » sera « un beau PLU ». Il n'a pas voulu en dire plus à Mediacités, réservant son expression pour le jour du vote métropolitain.

https://www.mediacites.fr/enquete/lille/2019/08/30/les-muchaux-le-poumon-vert-lillois-qui-va-echapper-a-la-betonisation/

L'élu peut d'ores et déjà se préparer à des questions sur l'un des dossiers les plus disputés au cours de cette phase d'élaboration : celui des Muchaux, un périmètre d'urbanisation potentielle à cheval sur Lambersart et Saint-André-lez-Lille. Des acteurs associatifs et citoyens, rassemblés dans deux collectifs, ont combattu le projet de « septième quartier de Lambersart » (400 logements), porté par Marc-Philippe Daubresse, l'ancien maire de la commune. Leurs arguments en faveur de la préservation d'un poumon vert semblent avoir convaincu la MEL puisque « l'orientation d'aménagement et de programmation » (OAP) des Muchaux a disparu du PLU nouvelle formule. Et que les terrains correspondants ont été reclassés en zone agricole.

Un loup dans les cultures

Cyprien Richer et Tanguy Dumez, deux opposants au projet, retiennent pourtant leurs cris de joie. « C'est une victoire, mais il y a un vrai loup derrière la décision de la Métropole. Les parcelles revenant à une vocation agricole auraient dû être inscrites et sanctuarisées dans un "hémicycle", espace agricole et naturel porteur d'enjeux spécifiques, selon la terminologie de la MEL. Or sur les nouvelles cartes du PLU, les Muchaux sont exclus de l'hémicycle local, dit de l'arc Nord ». Privée de cette protection, la zone ne pourrait-elle un jour redevenir constructible ? Ne serait-elle donc qu'en sursis ? C'est ce que redoutent les militants des Muchaux. Ils ont déjà envoyé un message à Bernard Delaby, lui demandant de rectifier cette disposition. « Si les choses restent en l'état, nous déposerons un recours devant le tribunal administratif contre le PLU dès après son adoption », prévient Tanguy Dumez.