Revoilà Jean-Marie Girier ! Inconnu du grand public, ce collaborateur de l’ombre de Gérard Collomb a joué un rôle central pendant la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron au sein de l’état-major du candidat « En Marche ». Problème : celui qui est depuis devenu chef de cabinet du ministre de l'Intérieur (toujours Gérard Collomb donc) occupait encore un poste à plein temps au Grand Lyon quand il a plongé dans le bain de l'élection. Un mélange des genres que Mediacités avait détaillé – documents à l'appui – dès le mois de mai dernier et qui fait de nouveau polémique depuis ce vendredi 16 mars.

Lors du conseil métropolitain du Grand Lyon, le maire de Caluire-et-Cuire Philippe Cochet, chef de file de l’opposition LR, a interpellé le président David Kimelfeld sur l’utilisation de moyens de la collectivité, alors présidée par Gérard Collomb, au service de celui qui allait devenir président de la République. Dans son collimateur : une réception organisée le 2 juin 2016 à l’hôtel de ville de Lyon pour Emmanuel Macron, à l’époque ministre de l’Economie ; la rencontre entre Emmanuel Macron et Alain Juppé organisée par Gérard Collomb dans les locaux parisiens du Grand Lyon (rencontre révélée récemment par l’adjointe du maire de Bordeaux Virginie Calmels dans son livre J’assume) ; et enfin l’implication dans la campagne Macron de Jean-Marie Girier, chef de cabinet du président du Grand Lyon jusqu’en décembre 2016.

Dès mai 2017, sur la base des Macron Leaks , Mediacités avait largement documenté le cumul pour le moins troublant de Jean-Marie Girier. Pendant au moins plusieurs semaines, entre septembre et octobre 2016, le collaborateur du Grand Lyon s’est investi dans la campagne d’Emmanuel Macron alors qu’il était encore rémunéré à temps plein par la Métropole. C’est ce qu’atteste, notamment, ce mail interne d’ Alexis Kohler du 21 septembre 2016 annonçant que Jean-Marie Girier assure « la chefferie de cabinet et le pilotage de l’agenda et des déplacements [du candidat] ».Ce n'était pas le première fois que la droite soulevait ces questions, mais – est-ce l'effet de la médiatisation de la rencontre Juppé/Macron ? – David Kimelfeld a, cette fois-ci, prestement répondu à Philippe Cochet ce lundi 19 mars. Comme le Grand Lyon nous l’avait déjà rétorqué au moment de la publication de notre premier article, il rappelle qu’à partir du 17 octobre 2016, Jean-Marie Girier passe à temps partiel au Grand Lyon (70%) et qu’il démissionne de son poste de chef de cabinet le 6 décembre suivant. Quant à ses activités pour En Marche avant le 17 octobre, elles auraient été effectuées sur des périodes de congés ou de RTT.       

 

« Aucune lumière n’est faite sur l’utilisation [par Jean-Marie Girier] des moyens de la Métropole avant sa démission officielle », a réagi Philippe Cochet dans le Progrès de ce mardi. De fait, comme le montrait le document ci-dessous (que Mediacités avait déjà publié en mai 2017), le chef de cabinet a utilisé sa boîte email du Grand Lyon pour une activité partisane. Ce 31 mai 2016 – bien avant qu’il soit embauché par le parti d’Emmanuel Macron – il adresse ainsi à un cadre d’En Marche une proposition d’organisation du mouvement dans le Rhône.

L’opposition LR menace de saisir le procureur de la République sur le cas Girier comme sur les deux autres points soulevés. « On n’a jamais obtenu une réponse aussi rapide à une de nos interventions », commente un collaborateur de Philippe Cochet, voulant y voir un signe de panique dans le clan Collomb.

A (RE)LIRE >

https://www.mediacites.fr/lyon/enquete-lyon/2017/05/24/macron-leaks-les-petits-arrangements-du-chef-de-cabinet-de-collomb/