«J’ai décidé de saisir immédiatement l’inspection générale du Ministère afin que toute la lumière soit faite sur ce qu’il s’est passé. J’en tirerai toutes les conclusions nécessaires dans les plus brefs délais. » Dans un tweet publié ce vendredi 24 mai en fin de journée, la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal s’empare du « dossier Gilles Freyer », suite à nos révélations de mercredi dernier.

Enregistrements à l’appui, notre enquête dévoilait le contenu des cours de sciences humaines dispensés par le vice-doyen de la faculté de médecine de Lyon Sud, Gilles Freyer, aux étudiants de première année. Ce cancérologue de renom des Hospices civils de Lyon, souvent invité à s’exprimer sur sa spécialité dans des émissions médicales, tient des propos dans lesquels, pêle-mêle, il se moque des féministes, verse dans misogynie, nie le scandale du Mediator – « des milliers de morts qui n’existent pas » –, brocarde la lutte contre l’homophobie ou le racisme. « Les races humaines existent, c’est un fait biologique, absolument avéré », assène-t-il encore devant un amphi bondé.

La publication de notre article a suscité un déluge de commentaires sur les réseaux sociaux. Nombre d’étudiants ou d’anciens étudiants interpellent la direction de l’Université Lyon 1, dont dépend la faculté de Lyon Sud. Celle-ci n’a pour l’instant pas réagi. Ce vendredi 24 mai, dans un communiqué [lire ci-dessous], l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) dénonce « les propos intolérables du vice-doyen de Lyon Sud » et ajoute : « Les propos discriminatoires n’ont aucunement leur place ni au sein de l’enseignement supérieur, ni dans le domaine de la santé, ni nulle part ailleurs ». « Je partage la préoccupation des étudiants » de l’association, leur a répondu Frédérique Vidal.

CP ANEMF