C’est ce qui s’appelle faire acte de contrition… Mediacités vous avait raconté, le 5 janvier dernier, comment la Métropole de Lyon s’était emmêlée les pinceaux dans sa communication sur l’extension de la Zone à faibles émissions ou « ZFE ». Ce dispositif vise à améliorer la qualité de l’air en interdisant aux véhicules les plus polluants de circuler dans le centre de l’agglomération. Sont concernés, depuis le 1er janvier 2021, les utilitaires légers catégorisés « N1 » (vérifiez votre carte grise !) et disposant d’une vignette Crit’Air 3, 4 ou 5.

Problème : il y a quelques semaines encore, les services du Grand Lyon et certains élus [voir par exemple le tweet de l’adjoint au maire de Lyon Valentin Lungenstrass ci-dessous] assuraient que seuls étaient visés les professionnels. C’était faux : les particuliers propriétaires de ce type de voiture tombaient aussi sous le coup de la ZFE nouvelle mouture. Du côté de la rue du Lac, où se trouve le siège de la Métropole, on reconnaissait alors « un petit trou dans la raquette ».

Changement de discours depuis la publication de notre premier article : dans un courrier adressé aux propriétaires d’une camionnette et dont Mediacités a pris connaissance, le vice-président du Grand Lyon Jean-Charles Kohlhaas (EELV) annonce que « les services de la Métropole préparent actuellement un arrêté ZFE modificatif ». Un « procédé de dérogation (…) sera prochainement accessible sur le site internet de la Métropole de Lyon », promet-il aux détenteurs de ce véhicule « N1 » qui en ont un usage non-professionnel.

« Chaque demande de dérogation sera instruite au cas par cas »

Contrairement à ses déclarations début janvier - il invitait alors les automobilistes lésés à demander à la préfecture de modifier la catégorie de leur véhicule -, l’élu écologiste reconnaît que « cette procédure est complexe et rédhibitoire pour une majorité de personnes ». Contacté par Mediacités, Jean-Charles Kohlhaas confie que la décision « actuellement dans les tuyaux » a été prise il y a une quinzaine de jours :  « Il s'agit de créer un cas de dérogation supplémentaire comme nous l'avons fait par exemple pour les agriculteurs qui livrent des Amap [Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne] dans un rayon de 50 kilomètres ».

Pour la Métropole, cet aménagement de la ZFE fait toutefois courir le risque que certains artisans et autres professionnels utilisant un véhicule immatriculé à leur nom (et non à celui de leur entreprise) dans l’exercice de leur métier contournent les règles. « Chaque demande de dérogation sera instruite au cas par cas », prévient Jean-Charles Kohlhaas. Le « Monsieur Transports » du Grand Lyon estime à « quelques centaines voire un millier » le nombre de particuliers potentiellement concernés par cette nouvelle dérogation. 

Le conseil métropolitain doit se pencher sur les prochaines étapes de la zone à faibles émissions fin mars. En ligne de mire, comme l’a annoncé son président Bruno Bernard : l’interdiction des véhicules diesel et des essences qui présenteront une vignette Crit’Air 2 (ou plus) d’ici à la fin de son mandat, en 2026.