Selon les informations de Mediacités, confirmées par le parquet de Nanterre, au moins deux perquisitions ont eu lieu à Rueil-Malmaison ce jeudi dans la matinée. Les policiers ont perquisitionné simultanément le domicile de l’ancien ministre, actuel président du Grand Paris et maire de Rueil-Malmaison, Patrick Ollier, ainsi que la mairie de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). « Deux policiers sont arrivés en tenue civile vers 9h30. Ils ont demandé beaucoup de documents. A 12h30 ils y étaient encore », raconte à Mediacités un agent qui a assisté à la scène. Selon nos informations, plusieurs services de la Ville seraient dans le collimateur des enquêteurs : le service foncier, celui du droit du sol, ou encore le service financier.

Ces faits interviennent quinze jours après nos révélations concernant la plainte déposée par l’association Anticor pour « détournement de fonds publics », « prise illégale d’intérêts » et « faux et usage de faux » qui vise notamment le maire de Rueil-Malmaison et plusieurs de ses proches. Le parquet de Nanterre précise que ces perquisitions ont été effectuées « dans le cadre d’une enquête ouverte par le parquet de Nanterre en novembre 2020 et confiée à la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) sur des faits également visés par la plainte déposée par l’association Anticor » le 23 mars dernier. « Nous n’avons pas attendu Anticor pour ouvrir une enquête », raconte une source judiciaire. Nous avions d’autres informations mais qui rejoignent les faits dénoncés par Anticor. »

« Je n'ai rien à cacher »

Comme nous le révélions dans nos précédentes enquêtes, l’association anticorruption soupçonne Patrick Ollier d’avoir vendu un bâtiment communal à un promoteur immobilier très présent à Rueil-Malmaison, Patrick Quinteiro, alors que ce dernier aurait accordé des rabais, lors d’opérations immobilières précédentes, à deux proches du maire : son fils, Sébastien Ollier, et son ancien directeur général des services (DGS), Alain Luca. Anticor soupçonne aussi Patrick Ollier d’avoir attribué un luxueux logement de fonction à son ancien DGS dans des conditions « clandestines » et « opaques ».

Le parquet n’a pas souhaité donner plus de détail sur ces perquisitions, au nom du « secret de l’enquête en cours ». De son côté Patrick Ollier assure à Mediacités être « serein » et n’avoir « rien à cacher [...] comme va le démontrer l’enquête en cours ». « Je suis satisfait d’avoir pu fournir aujourd’hui les éléments nécessaires aux enquêteurs pour rétablir la vérité dans cette affaire qui n’en est pas une, ajoute le maire de Rueil-Malmaison. Tous ces éléments permettront au parquet et aux enquêteurs de démontrer que les faits qui me sont reprochés sont pure calomnie. »

Le ton de Patrick Ollier a radicalement changé en quelques jours. Le 15 avril dernier, juste après notre premier article, il publiait un communiqué au vitriol intitulé : « Je ne laisserai pas une officine de justiciers aux arrières-pensées politiques se substituer à la justice et salir ma probité ». Dans la foulée, l’ancien ministre assurait avoir demandé à son avocat, Me Pierre-Rémy Drai, de porter plainte contre l’association anti-corruption Anticor pour « dénonciation calomnieuse » et contre Mediacités pour « diffamation ». Une perspective qui, comme nous le prévoyions, n'a plus aucune chance d'aboutir.