Le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé, le 13 novembre, la liquidation judiciaire d'Ekito. Comme nous l'indiquions le 23 octobre, l'entreprise de services informatiques et d'accélération de start-up était en grande difficulté financière. Selon le jugement consulté par Mediacités, Ekito a vu son chiffre d'affaires passer de 2,2 million d'euros à 1,9 million d'euros, pour un effectif réduit de 23 à 11 salariés entre 2016 et 2017 (et non 1,7 million d'euros de chiffre d'affaires et 13 salariés en 2017, comme nous l'indiquions précédemment). Deux projets de reprise étudiés par des salariés et un entrepreneur externe ont été abandonnés en septembre et en octobre.

Entendu par les juges consulaires le 9 novembre, Benjamin Böhle-Roitelet, président d'Ekito, a rejeté la responsabilité de la situation. « Ekito a été fragilisée par les malversations opérées par notre directeur administratif et financier (en 2011, ndlr). Nous avons également été victimes d'actes malveillants, avec de grosses tensions sociales et blocages des équipes », a-t-il déclaré. Des propos jugés consternants par le représentant du personnel, présent lors de l'audience, comme le souligne le tribunal de commerce dans son jugement.

Le dirigeant demandait « une liquidation judiciaire avec poursuite d'activité, afin de permettre une vente dans les meilleures conditions possibles ». Rappelant le montant du passif « évalué à 355 000 euros » et l'état de cessation des paiements au vu de la trésorerie d'Ekito (environ 20 000 euros sur les comptes), le tribunal de commerce a rejeté cette demande « pour des raisons de défaut de financements (paiement des salaires d'octobre pour partie notamment, aggravation du passif), qui plus est avec des tensions sociales toujours très vives ».

Contacté, Benjamin Böhle-Roitelet n'a pas souhaité s'exprimer, préférant renvoyer à une tribune publiée le 16 novembre sur la plateforme Medium, où il attaque nommément certains de ses anciens salariés.

Avatar de Gael Cérez
Nourrit sa curiosité en tant que journaliste depuis l'an deux mille quatorze. S'intéresse aux innombrables facettes de notre société. Rédacteur en chef de Mediacités à Toulouse depuis octobre 2019.