Des élections locales dominées, voire polluées, par les enjeux nationaux. C’est le constat - un peu désabusé - de cette édition 2021 des régionales. Le phénomène est particulièrement marqué dans les Hauts-de-France où cette dimension nationale imprime sa marque sur les quatre principales têtes de listes en présence.

À tout seigneur tout honneur. Le président sortant, Xavier Bertrand (56 ans), a fait de sa réélection à la Région une condition à sa candidature à la présidence de la République, l’année prochaine, où il espère rallier la droite derrière lui. Conséquence, il communique autant pour cet objectif ultime que pour des régionales où il défend davantage un bilan qu’il ne fait de propositions nouvelles. Sur son site officiel, on ne trouve pas de programme proprement dit pour les six ans à venir mais une série de vidéos résumant son action passée.

Son adversaire numéro 1 dans les sondages, le député du Rassemblement national Sébastien Chenu (48 ans), attire lui aussi les regards du pays. Avec cette question : peut-il réussir là où Marine Le Pen a échoué en 2015 ? Les Hauts-de-France sont une des trois régions où la victoire du RN est envisagée. Mais la stratégie de Sébastien Chenu ne diffère en rien de celle de ses collègues de parti : il surfe avant tout sur les thèmes de la sécurité et de l’immigration. Le reste de son programme est embryonnaire. Alors qu’aucun document n’était disponible jusqu’à ces derniers jours, cinq priorités sont apparues sur son site de campagne dans le courant de la semaine.

À la tête de la seule liste d’union de la gauche du pays, l’eurodéputée verte Karima Delli (42 ans), patronne de la commission transports au Parlement européen, est elle aussi, désormais, une figure nationale. Son score sera forcément scruté au-delà des Hauts-de-France en vue des élections à venir. Sur ces régionales, c’est la candidate qui présente le programme le plus étoffé.

Dernier des candidats susceptibles de passer le premier tour, Laurent Pietraszewski, secrétaire d’État à la réforme des retraites, souffre d’un gros déficit de notoriété. À tel point qu’Emmanuel Macron a envoyé un commando de ministres pour aider la liste LREM à franchir la barre fatidique des 10 % des voix, qualificative pour le second tour. Avec, en tête, le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti. Sans toutefois d’effets visibles dans les sondages. Son programme décline au plan local plusieurs initiatives gouvernementales. Il est consultable ici.

Trois autres candidats accompagnent ces quatre « têtes d’affiches » :

José Évrard, 75 ans, tête de liste Debout la France. Passé par le PCF jusqu'en 2001, puis par le RN dont il a été député jusqu’en 2017, il le quitte la même année pour Florian Philippot et finit par rejoindre Nicolas Dupont-Aignan et DLF en 2020. Son programme, très national, vise essentiellement à sortir de l'Europe. Il est anti-éoliennes et pro-nucléaire. Parmi les quelques mesures de niveau régional : « aider les artistes à venir dans nos territoires ruraux » ou « soutenir le patrimoine labellisé intérêt régional ».

Audric Alexandre, 31 ans, est le benjamin des candidats. Enseignant d’anglais à la fac de Douai, il conduit une liste regroupant des mouvements citoyens et des partis pro-européens comme le Pace, Volt, Nous Citoyens et Allons Enfants. Partisan d'une France fédérale, ses premières mesures en cas d'élection seraient un plan de relance des clubs sportifs et la mise à disposition gratuite de protections hygiéniques dans les lycées et les universités. Défenseur des langues régionales, il veut rendre gratuit l'ensemble des transports publics.

Éric Pecqueur, 54 ans, est la tête de liste Lutte ouvrière. Ouvrier à l’usine Toyota d’Onnaing, c’est un habitué des joutes électorales. Il a déjà été candidat aux régionales en 2015 notamment. Il défend essentiellement des mesures anti-capitalistes au niveau national - « redistribution des milliards volés par les actionnaires », expropriation des grands patrons, interdiction des licenciements... - sans vraiment de programme régional.

Bidule_carre_512pxÉconomie : La réindustrialisation… oui, mais laquelle ?

Les régions ont quelques compétences dans le domaine économique, notamment en matière de coordination des aides aux entreprises. Mais ce champ d’action officiel s’avère en fait assez réduit, même s’il s’accompagne de prérogatives connexes en matière de formation professionnelle et d’aménagement du territoire. La tentation est donc grande d’aller au-delà.

Xavier Bertrand avait ainsi fait de l’emploi son thème de campagne n°1 il y a six ans. Il n’avait pas hésité à promettre que 60 000 chômeurs retrouveraient du travail à l’issue de la première année de son mandat. Une promesse finalement abandonnée au vu de la difficulté de la tâche. Rien de tel en 2021 : le président sortant de la Région annonce juste qu’il va améliorer le fonctionnement de Proch’Emploi, sorte de Pôle Emploi bis régional, et les dispositifs d’aide à la mobilité des salariés, malgré les doutes sur leur efficacité émis par la Chambre régionale des comptes.

Pour ces élections, seuls deux candidats se risquent à des promesses chiffrées en termes de créations d’emplois. Pour la gauche et les écologistes, Karima Delli ambitionne de favoriser « 100 000 emplois verts, dignes, durables et non délocalisables » en six ans, grâce notamment à la prise en charge de 25 % des charges patronales des entreprises qui prendraient ce virage. Un objectif peut-être trop optimiste car les études sur lesquelles il se fonde visent, suivant les secteurs à verdir, un horizon plus lointain à 2030 voire à 2050, comme nous l’expliquons dans cet article.

Pour La République en Marche, Laurent Pietraszewski espère quant à lui « 50 000 emplois nouveaux » grâce aux prêts bonifiés et aux garanties d’emprunt d’une toute nouvelle Banque régionale pour le développement durable. Un outil qui rappelle furieusement le projet de banque d’investissement pour le climat et pour l’emploi de Karima Delli. Le RN n’est pas en reste, avec l’annonce d’un « fonds d’investissements et d’innovation dans les filières industrielles, agricoles et maritimes », dont on n’a pour l’instant que l’intitulé.

Ces convergences n’ont rien d’étonnant. Tous les candidats font le constat d’un chômage structurel persistant et partagent le même mot d’ordre : réindustrialiser la région. Et tous parlent d’investir dans « des filières d’avenir ». Reste à savoir lesquelles. Karima Delli évoque la convocation d’assises de la transition industrielle pour les définir. Mais son programme est déjà assez précis et cible, entre autres, la relocalisation d’une activité textile fondée notamment sur la transformation de matières premières cultivables dans les Hauts-de-France. Celui de Laurent Pietraszewski semble davantage mettre en avant le ferroviaire et la logistique.

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Vue en perspective de la future usine de batteries de Douvrin. Image non contractuelle (ACC)

Xavier Bertrand ne les a toutefois pas attendus pour faire de la réindustrialisation l’un des fils rouges de son mandat. Il a ainsi décroché de haute lutte la venue d’entreprises emblématiques comme la méga-usine de batteries ACC à Douvrin. Mais le fonds d’investissement dédié à la troisième révolution industrielle (Rev3), dont la région est actionnaire, n’a soutenu jusqu’ici qu’une petite dizaine d’entreprises pour moins de 30 millions d’euros. Une modestie à mettre en parallèle avec la volonté de Xavier Bertrand de favoriser la création d’un fonds régional de 1 milliard d’euros. Pour une région française, susciter la création d’un fonds d’investissement ou d’une banque, comme cela semble être la mode, représente un sacré défi. Elles n’ont pas (encore) la puissance et l’étendue des compétences des Länder allemands.

D’autres convergences apparaissent à la lecture des programmes économiques. Sébastien Chenu envisage une « aide à l’employabilité » pour financer les périodes d’essai des nouveaux embauchés. Laurent Pietraszewski évoque une « aide spécifique et forfaitaire au premier recrutement » d’un salarié ou d’un apprenti dans les TPE-PME.

À noter, enfin, que tous les prétendants à la présidence de région s’engagent à réserver les marchés publics aux PME locales. Mais aucun ne précise comment il parviendra à contourner la législation européenne qui oblige d’appliquer une procédure réglementée au-dessus d’un certain montant...

Bidule_carre_512pxTransports : Ouverture à la concurrence : stop ou encore ?

Les transports représentent le plus gros budget de la région : 1,1 milliard d’euros en 2020, ce qui comprend à la fois l’achat de matériel roulant et l’argent versé à la SNCF pour gérer les TER (500 millions d’euros par an). Pannes, retards de trains trop fréquents, dessertes insuffisantes… la qualité de service offerte par le monopole public fait polémique depuis des années, à tel point que Xavier Bertrand a décidé d’ouvrir 20 % du réseau à la concurrence à compter de 2023. Les liaisons avec Paris pourraient suivre à partir de 2025.

Un des enjeux des élections régionales est donc de savoir si cette libéralisation partielle va se poursuivre. Xavier Bertrand, évidemment, y est favorable. Non pour baisser les tarifs, mais pour pousser la SNCF à améliorer sa ponctualité. Idem pour Laurent Pietraszewski. Il souhaite passer en parallèle un « contrat de confiance et régularité » avec les opérateurs, quels qu’ils soient, et veut mettre en place un « schéma directeur pour la maintenance des rames et du réseau ».

Être plus exigeant dans ce domaine, c’est ce que réclame aussi Sébastien Chenu. Mais la tête de liste RN se montre sceptique vis-à-vis de l’ouverture à la concurrence. Il appelle à prendre exemple sur la région Normandie qui a suspendu ses paiements à la SNCF pour la contraindre à respecter ses engagements.

TER à Amiens en 2019
Un TER en gare d'Amiens. CC-BY-SA 4.0 / BB 22385

Encore plus radicale, Karima Delli entend s’opposer fermement à toute amorce de privatisation. Elle annonce qu’elle repousserait à 2028 l’obligation d’ouverture imposée par Bruxelles. Pour améliorer la qualité et l’efficacité du service, elle mise à la fois sur un plan d’investissement pour rénover les trains et sur la réinstallation de comités de lignes afin que les usagers puissent être entendus.

Du côté des nouvelles lignes, Xavier Bertrand a réaffirmé sa volonté de relancer le projet de réseau express Grand Lille, initié par son prédécesseur Daniel Percheron en vue de désenclaver le Bassin minier. Une ambition à 5 milliards d’euros qui semble faire consensus parmi les candidats. Sébastien Chenu reproche toutefois au président de la région d’avoir trop longtemps oublié ce RER au profit d’un autre grand projet d’infrastructure : le canal Seine-Nord Europe. Véritable casse-tête financier à 4,7 milliards d’euros, il aura mobilisé Xavier Bertrand tout au long de ce mandat. Les travaux devraient enfin commencer cette année.

Le montage financier ne serait toutefois pas terminé, selon Karima Delli. La cheffe de file de la gauche et des écologistes jugeait le projet absurde il y a encore quelques années. Mais les études réalisées depuis, notamment environnementales, l’auraient convaincue que « le canal Seine-Nord se fera ». Ce qui ne l’empêche pas de souhaiter une remise à plat du projet. Tant pour assurer le financement des plateformes d’intermodalités, essentielles pour elle, que pour en faire « un objet attractif » du point de vue de l’écotourisme.

Bidule_carre_512pxÉcologie : Désaccords sur la biodiversité et les éoliennes

L’environnement est le domaine qui suscite à la fois les convergences les plus importantes et les plus grands affrontements. La rénovation énergétique des bâtiments, par exemple, est l’un des slogans de campagne les plus répandus. Il faut dire que la thématique permet en même temps de parler de transition écologique et de créations d’emplois et que les lycées, sous compétence régionale, constituent un énorme chantier à eux tout seuls.

Tout le monde a donc son projet de création de filière « d’excellence » ou son programme de formation « de premier plan ». C’est même l’un des « grands projets » de Laurent Pietraszewski avec la création d’une « école de la transition écologique » à la clé. Xavier Bertrand parle de poursuivre l’effort engagé mais son bilan en matière de rénovation et d’isolation de logements est très discuté. Il souhaite la mise en place d’une aide financière bonifiée pour les personnes âgées qui engagent des travaux. La plus audacieuse en la matière est Karima Delli qui se fixe un objectif de 100 000 rénovations de logements.

La cheffe de file verte de la liste d’union de la gauche est d’ailleurs, sans surprise, celle qui décline le programme le plus complet sur l’environnement. En cas de victoire, sa première réunion du conseil régional serait ainsi marquée par l’adoption d’une déclaration de l’état d’urgence climatique visant à mettre cette lutte au coeur de toutes les décisions : établissement d’un budget « climat et biodiversité positive », « objectif zéro artificialisation nette des sols », « devenir une région zéro déchets », « plan de dépollution »… L’ambition est nettement posée. Et l’opposition avec la politique de Xavier Bertrand est frontale.

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Champ d'éoliennes au Verguier, dans l'Aisne. CC0 1.0

Alors que ce dernier a confié la biodiversité aux chasseurs et privé des associations naturalistes des subventions de la région, Karima Delli annonce qu’elle recommencera à les financer et qu’elle s’engagera pour l’abolition de la chasse à courre. Elle souhaite par ailleurs créer une agence régionale d’adaptation au dérèglement climatique afin de planifier des mesures de prévention contre les effets de la sécheresse, les inondations et la submersion marine. Concernant ce dernier point, Xavier Bertrand plaide, lui, pour une défense coûte que coûte du trait de côte. Il prévoit d’aider les collectivités à obtenir les financements importants que nécessite cette bataille contre la mer que Mediacités a documentée récemment.

Si la replantation d’arbres ou de haies fait consensus - même le Rassemblement national a une mesure dans ce sens -, Laurent Pietraszewski est le seul à évoquer la création de deux nouveaux parcs naturels régionaux, dont l’un en bordure du littoral.

Reste LE sujet qui fait le plus débat : la place de l’éolien dans le mix énergétique régional. Xavier Bertrand est parti en guerre contre les moulins à vent mais n’a pas réussi à empêcher leur nombre de croître. Ce qui lui vaut d’être attaqué par Sébastien Chenu qui veut soumettre chaque projet éolien à un référendum local et financer des études épidémiologiques pour démontrer qu’il y a des conséquences pour la santé. Xavier Bertrand réplique en annonçant qu’il va faire financer par la région les associations qui combattent les projets en justice.

Cette mesure suscite l’indignation de Karima Delli, qui défend l’éolien, une énergie « bonne pour l’emploi et le pouvoir d’achat ». Une réponse au slogan de Xavier Bertrand : « L’éolien, basta. Le nucléaire, on continue ». Fort des milliers d’emplois créés dans la région par la centrale de Gravelines, le président sortant veut « se positionner dès maintenant pour avoir deux EPR ». Laurent Pietraszewski, lui, est à la fois pro-nucléaire et pro-éolien à condition de renforcer la concertation avec les habitants. Il se fixe pour objectif d’atteindre 40 % d’énergie renouvelable dès 2030.

Bidule_carre_512pxSécurité : Le financement des polices municipales en question

La sécurité a beau ne pas faire partie des compétences des régions, elle est l’argument de campagne n°1 du Rassemblement national et apparaît au deuxième rang dans la profession de foi de Xavier Bertrand, juste après l’emploi. Avec des propositions pour renforcer la sécurité dans les TER et aux abords des lycées, deux domaines placés effectivement sous la tutelle des conseils régionaux. Mais pas seulement. C’est d’ailleurs là où ces propositions pourraient poser problème.

Dans les trains, Sébastien Chenu promet de porter le nombre des agents de sécurité de 250 à 500. Son programme évoque par ailleurs la mise en place de « brigades de sécurité régionales », pour sécuriser les abords des gares et des lycées. Xavier Bertrand réplique en promettant de continuer à déployer la vidéoprotection dans les gares et dans les trains - un déploiement dont la tête de liste RN dénonce les retards par rapport aux promesses de 2015. Laurent Pietraszewski embraye avec son propre plan de sécurisation des transports, visant à passer de 90 à 200 rames vidéo-protégées au cours du mandat et à équiper les chefs de bord des TER en caméras-piétons.

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Vidéoprotection en gare de Crépy-en-Valois. Capture d'écran

Les trois candidats se retrouvent sur un programme plus polémique. Ils souhaitent en effet que la Région puisse aider les communes à financer les dépenses de vidéoprotection et d’équipement des polices municipales. De tels « pactes de sécurité » ont déjà été mis en place dans d’autres régions, en PACA, en Auvergne-Rhône-Alpes, en Ile-de-France et, tout récemment, dans les Pays de la Loire. Problème, le dispositif pionnier mis en place par Christian Estrosi, en Provence, a été déclaré illégal en décembre 2019 par le tribunal administratif de Marseille, comme le rappelle un article de Mediacités. Soutenir les polices municipales ne fait pas partie des compétences attribuées aux Régions.

Seule à ne pas aller sur ce terrain, Karima Delli mise sur la « ré-humanisation » des gares et sur un renforcement de la police ferroviaire - non chiffré - pour renforcer la sécurité dans les transports. Elle fait surtout valoir sa différence en mettant en avant sa « priorité » en la matière : la lutte contre les violences faites aux femmes. Des femmes battues pour lesquelles elle souhaite créer 100 places d’hébergement supplémentaires.

Bidule_carre_512pxJeunesse : À chacun ses aides

Laurent Pietraszewski consacre un pan entier de son programme à la jeunesse. Aux 80 000 des 16-25 ans sortis sans diplôme ni formation, il propose « un accompagnement inconditionnel et personnalisé, piloté par la Région et mobilisant les acteurs de terrain, les associations, les centres sociaux, les missions locales… » Il souhaite par ailleurs créer 5 lycées de la nouvelle chance pour les élèves décrocheurs. Et prévoit de doter tous les jeunes de 18 ans d’un « pass liberté » de 1000 euros, sorte de déclinaison du pass culture national, utilisable pour exercer une activité sportive, accéder à la culture, financer une partie du permis de conduire…

On retrouve ce dernier objectif chez Xavier Bertrand. Le président de la région promet en effet de financer 90 % du permis de conduire de tous les jeunes travailleurs de moins de 30 ans. En cas de réélection, il annonce que sera créée, dès l’été prochain, une « agence régionale pour aider les jeunes à trouver des stages ».

Karima Delli souhaite quant à elle rendre gratuits les transports régionaux pour les moins de 26 ans. Qu’il s’agisse de se déplacer pour étudier, travailler, aller en vacances ou se cultiver… Plusieurs mesures de son plan vélo visent spécifiquement la jeunesse avec l’objectif que, d’ici 2030, 80 % des jeunes utilisent un mode actif pour se rendre sur leur lieu d’études ou de travail. Elle souhaite notamment que chaque lycéen ait accès à un vélo utilisable dans de bonnes conditions.

Bidule_carre_512pxSanté : Priorité à la lutte contre les déserts médicaux

La santé ne fait pas partie des compétences de la Région. Mais la pandémie a contraint la collectivité à s’emparer du sujet, notamment pour acheter des masques. Dans le monde « post-covid, il faut investir à fond dans la santé », a reconnu Xavier Bertrand dans un débat avec ses adversaires. Une forme de mea culpa car, avant 2020, le budget santé a fortement baissé par rapport au mandat précédent. En cas de réélection, le président de la région promet donc de le doubler, voire le tripler tous les ans. Et réclame que les régions prennent en main le pilotage des Agences régionales de santé (ARS).

Le chantier prioritaire ? La lutte contre les déserts médicaux. Un défi qui passe par l’ouverture de maisons de santé en milieu rural. Tous les candidats s’accordent là-dessus… quitte à critiquer le bilan de Xavier Bertrand en la matière. Laurent Pietraszewski promet de financer « dans les territoires les moins bien dotés (...) l’installation de 80 maisons de santé. » Avec, en complément, un fonds d’équipement pour aider les médecins libéraux à s’installer ou à rénover leur cabinet.

Karima Delli propose, elle, de garantir une offre de soins à moins de 20 kilomètres de chaque habitant, grâce à la poursuite du déploiement de maisons et de centres de santé et grâce au recrutement de 200 personnels médicaux salariés : médecins, infirmiers et infirmières. Elle envisage aussi la mise en place d’une mutuelle régionalisée sur le modèle des mutuelles communales. L’objectif affiché étant que chaque habitant des Hauts-de-France dispose d’une couverture médicale à un prix raisonnable. Xavier Bertrand préconise pour sa part de prendre en charge une partie du prix de la mutuelle santé de certains publics cibles comme les seniors ou les apprentis.

Sébastien Chenu, enfin, évoque l’idée d’envoyer des « bus médicaux » dans les territoires où l’offre de soins est insuffisante et un projet de bourses à l’installation des jeunes médecins.

Bidule_carre_512pxCulture : La gauche n’a pas dit son dernier mot

En faisant passer le budget de la culture de 70 à 110 millions d’euros, Xavier Bertrand a tenu l'une de ses promesses de 2015. L’homme de droite a ainsi acquis une forme de respect des milieux culturels, plutôt à gauche, d’autant qu’il a aussi maintenu les aides régionales lors de la crise sanitaire. Cela ne l’a pas empêché de lancer son grand - et coûteux - projet personnel d’Institut pour la photographie (IPP) des Hauts-de-France, un projet de prestige qui ne fait pas de mal à sa stature de candidat à la présidentielle.

Le bilan est plutôt positif… mais pas complètement. Selon Vincent Dhelin, secrétaire régional EELV et délégué régional du Syndicat national des arts vivants (Synavi), interrogé par La Voix du Nord, la seconde grande promesse, celle de contractualiser avec les structures pour cinq ou six ans l’attribution de subventions, n’aurait pas été tenue.

Une brèche dans laquelle Karima Delli s’est aussitôt engouffrée. Son programme prévoit « un accompagnement dans la durée (au moins 3 ans) des équipes artistiques indépendantes, artistes et auteurs par un conventionnement sur des objectifs partagés ». Pour la sortie de la crise du Covid, la tête de liste de l’union de la gauche prévoit par ailleurs « un plan d’urgence pour l’emploi artistique et technique pour des projets qui vont à la rencontre des habitants sur tous les territoires ». S’y ajoute un plan « culture - jeune » pour favoriser l’insertion des jeunes artistes et des futurs professionnels.

Si Sébastien Chenu reste muet sur la question, il n’en est pas de même de Laurent Pietraszewski. La tête de liste LREM propose de créer 50 tiers-lieux culturels en zones rurales et dans les quartiers prioritaires de la ville. « Ces espaces ouverts seront des lieux de co-création dédiés à tous pour pratiquer, s’initier, se cultiver au numérique et au multimédia. Ils auront aussi vocation à accueillir des artistes régionaux en résidence », détaille le programme. Celui-ci comporte aussi un projet de prestige, celui de la création d’un grand spectacle vivant autour de la langue française, dans le cadre de la future Cité internationale de la langue française de Villers-Cotterêts. Et un projet plus populaire de création d’une Académie des harmonies musicales et des fanfares.