Ce n’est que la deuxième semaine de cours pour les élèves de la Métropole européenne de Lille (MEL), et, déjà, plusieurs classes ont dû fermer à cause du Covid-19. Car c’est désormais la règle : en maternelle et primaire, on ferme une classe dès le premier cas de Covid déclaré. Dans les collèges et les lycées, seuls les cas contacts non vaccinés sont isolés. Pour lutter contre la propagation du virus, les gestes barrières restent de mise, mais la nouveauté de cette année, c’est bien le capteur de CO2.

Installé dans les salles de classe ou à la cantine, il permet de déterminer la concentration en dioxyde de carbone dans une pièce, et le risque de contamination du Covid-19 qui en découle. Le ministère de la santé recommande en effet de ne pas dépasser 800 particules par million (ppm) de CO2 dans une pièce. « C’est comme un thermomètre », a comparé Jean-Michel Blanquer lors de sa conférence de presse de rentrée. Le ministre de l’Éducation nationale souhaite d’ailleurs en généraliser l’usage.

Jusqu’à 300 euros le boîtier

Le capteur de CO2, star incontournable de la rentrée ? Pas tout à fait. Car c’est aux collectivités de se procurer le fameux dispositif. Or certaines jugent son prix trop élevé. Si le ministère de l’Éducation nationale affirme qu’il ne coûte que « quelques dizaines d’euros », un rapide tour sur internet nous montre des tarifs tout à fait différents. Certains modèles sont facturés jusqu’à 300 euros. Impossible, dans ces conditions, d’équiper en permanence toutes les classes d’un établissement. Les capteurs sont censés tourner de classe en classe.

À Frelinghien, la maire, Marie-Christine Fin, a décidé d’acheter trois capteurs, répartis en classe de maternelle, à la garderie, et dans les classes de primaire. Pour cela, elle a dépensé 80 euros par boîtier. « J’ai cinq classes. C’est sûr que lorsqu’on en a trente, quarante ou cinquante, le coût est beaucoup plus élevé ! », reconnaît-elle. Si elle a fait le choix d’installer ces boitiers, c’est avant tout par précaution : « Ce qui est primordial, c’est quand même l’aération. »

Les capteurs, on en trouve aussi dans toutes les classes de Fretin, dans les écoles de Hem, mais aussi à Lille, qui n’a pas attendu les recommandations ministérielles pour s’équiper. La mairie de Lille possède en effet 24 capteurs depuis... 2013. Ils seront complétés, d’ici la fin du mois de septembre, par 160 boîtiers, répartis entre toutes les cantines et toutes les écoles. Coût du dispositif ? 43 776 euros, à raison de 273,60 euros par appareil. « Le capteur est là pour nous aider à changer durablement nos pratiques », précise Charlotte Brun, adjointe au maire en charge de la Ville éducatrice et ville à hauteur d’enfant. « Mais idéalement, on ne devrait pas en avoir besoin pour apprendre à ouvrir la fenêtre ! », reconnaît-elle.

Quant aux collèges de la MEL, ils devraient tous être équipés d’au moins un capteur de dioxyde de carbone. Du moins, c’est ce qu’a promis Christian Poiret, président du  conseil départemental du Nord. Coût de l’opération ? 150 000 euros. Même son de cloche du côté des lycées. Pour équiper les 272 établissements des Hauts-de-France, la Région a commandé 300 capteurs de CO2, pour un montant de 120 000 euros. Et une seconde commande est déjà prévue.        

Vers une généralisation du dispositif ?

Pour le moment, les collectivités ne sont tenues à aucune obligation. Le capteur de CO2 « n’est évidemment pas central dans la gestion de l’épidémie », a précisé le ministre de l’Éducation nationale lors de sa conférence de presse.

Dans les écoles primaires de la MEL, ce dispositif n’est pas toujours des plus populaires. Armentières, Deûlémont, Anstaing, ou encore Allennes-les-Marais ont décidé de se passer des boîtiers. Le capteur de CO2 serait même un « gadget inutile » à en croire Alain Bézirard, maire d’Erquinghem-Lys, interrogé par La Voix du Nord.

Pour les faire changer d’avis, le ministre ne ferme pas non plus la porte à une aide de l’État, en cas de difficultés. « C’est bien volontiers que nous sommes en appui », a-t-il précisé la veille de la rentrée scolaire sur France Inter. Toutes les collectivités bénéficieront-elles de subventions ? Rien n’est certain, car cet éventuel financement s’apprécierait au cas par cas.