L’épée de Damoclès a fini par tomber. Sous le coup d’une enquête judiciaire lancée quatre mois à peine après son entrée en fonction, le ministre délégué aux PME, le nordiste Alain Griset, a démissionné mercredi 8 décembre dans la foulée d’une condamnation à six mois de prison et trois ans d’inéligibilité. Deux peines pourtant assorties d’un sursis qui, techniquement, ne l’auraient pas empêché de poursuivre sa mission. Et ce d’autant plus qu’il a annoncé sa volonté de faire appel : il est donc réputé innocent jusqu’à son nouveau jugement. Mais politiquement, son départ était inévitable. Voici pourquoi.
Une condamnation inédite pour un ministre en exercice
Alain Griset est le premier ministre français condamné pour des faits commis dans le cadre de ses fonctions. Nommé au gouvernement le 6 juillet 2020, l’ex-chauffeur de taxi devenu un des piliers du syndicalisme patronal des TPE-PME, était tenu de transmettre à la Haute autorité de la transparence de la vie publique (HATVP) un état précis de son patrimoine et de ses intérêts. Or le tribunal correctionnel de Paris l’a reconnu coupable d’avoir effectué « une déclaration incomplète ou mensongère ». Un délit prévu par la loi du 11 octobre 2013 sur la transparence de la vie politique, votée à la suite de l’affaire Cahuzac.

Dans sa déclaration transmise le 4 août 2020, le nouveau ministre a omis de signaler la détention dun plan d’épargne en actions (PEA) évalué à 171 000 euros, commettant ainsi une double infraction. Il a d’une part minoré son patrimoine « de façon substantielle ». Et il n’a pas signalé qu’il . . .

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