A la barre, le cardinal Barbarin campe sur ses positions

Poursuivi pour non-dénonciation, le cardinal Barbarin a défendu sa gestion dans l’affaire Preynat au premier jour de son procès, lundi. Quitte à s’affranchir de sa part de responsabilité.

Barbarin – Alberto Campi
Le cardinal Barbarin au tribunal correctionnel de Lyon, le 7 janvier. Photo : Alberto Campi / We Report

Dimanche, il fêtait l’Épiphanie. Aujourd’hui, il est à la barre. À 68 ans, le cardinal Barbarin est finalement venu à son procès pour non-dénonciation d’agressions sexuelles et non-assistance à personne en péril, dans l’affaire du père Bernard Preynat, qui a fait près de soixante-dix victimes chez les scouts de Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône) entre 1972 et 1991.

Béret enfoncé sur la tête, il a affronté les flashs médiatiques en arrivant à la 17e chambre du tribunal correctionnel de Lyon, ce lundi matin. Après avoir bénéficié d’un classement sans suite en août 2016, le primat des Gaules est cité à comparaître aux côtés de cinq autres prévenus.

À 13 h 45, après les débats techniques du matin sur la forme, l’archevêque de Lyon est appelé à la barre. Raide, l’homme d’Église affronte le regard de la présidente du tribunal Brigitte Vernay. À sa droite, dans le box des prévenus, on retrouve ses anciens collaborateurs et leurs avocats, des ténors du barreau de Lyon.

Parmi les prévenus se trouve Pierre Durieux, son ancien directeur de cabinet, accusé d’avoir eu connaissance de faits d’agressions sexuelles entre 2014 et 2015, date du dépôt de plainte d’Alexandre Hezez-Dussot, une victime du père Preynat qui a lancé l’alerte et cofondé l’association de victimes La Parole libérée.

Puis vient Thierry Brac de la Perrière, ancien évêque auxiliaire du diocèse de Lyon et actuel évêque de Nevers. Ce dernier est accusé d’avoir été informé de faits sans en informer la justice dès 2011.

« S’il y en a un qui doit parler, c’est bien moi »

Au second rang, Régine Maire, en charge d’écouter les victimes de prêtre dans le diocèse, avait notamment organisé une « séance de pardon » avec le père Preynat et une . . .

Notre survie dépend de vous

Un journalisme local indépendant, sans publicité, avec chaque semaine des enquêtes introuvables ailleurs : voilà ce que vous propose Mediacités. Aujourd’hui, plus de 5 300 abonnés soutiennent notre travail. Mais ce n’est pas suffisant : nous recherchons 2 000 abonnés d’ici la fin 2022 pour continuer à enquêter. En vous abonnant aujourd’hui, dès 3 euros par mois, vous pouvez faire la différence.
Je m’abonne

  • Accès aux 4 éditions de Mediacités (Lille, Lyon, Nantes et Toulouse)
  • 100 % indépendant, avec 0 % de publicité
  • Résiliation facile à tout moment

Publié le

Modifié le

Temps de lecture : 7 minutes

Par Mathieu Périsse / We Report