Le tribunal de Toulouse vient de rendre sa décision dans l'affaire All for You, ce vendredi 2 avril. Accusés d'avoir escamoté environ 2,5 millions d'euros de recettes dans leurs différents restaurants, dont La Compagnie Française, Philippe Lacassagne, Arnaud Chérubin, François-Louis Lapeyre sont reconnus coupables d'abus de bien social et de travail dissimulé.

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Les trois associés sont condamnés à trois ans de prison dont 26 mois avec sursis (soit dix mois de prison ferme) et 50 000 euros d'amende. La peine est plus clémente que les réquisitions du parquet de Toulouse. À l'issue de l'audience, le 26 février, le premier vice-procureur Laurent Couderc avait demandé à leur encontre trois ans de prison, dont douze mois avec sursis, 50 000 euros d'amende et cinq ans d'interdiction d'exercer.

Lui aussi reconnu coupable, leur ex-associé Olivier Bouscatel est condamné à dix-huit mois de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende. Le concernant, le parquet avait requis deux ans de prison avec sursis, 40 000 euros d’amende et trois ans d’interdiction d’exercer.

L’employé du groupe All for you, Daniel B. risquait un an de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende pour s'être chargé de la gestion des caisses et d'avoir utilisé le logiciel Véga permettant la fraude. Reconnu coupable, il est condamné à 10 mois de prison avec sursis et 5 000 euros d'amende.

Le tribunal de Toulouse a suivi les réquisitions du parquet concernant Alain Erb, l'informaticien à l'origine du logiciel permissif Véga. Reconnu coupable, il est condamné à deux ans de prison avec sursis et 30 000 euros d'amende. Sa société, EHR Soft (groupe QuatuHoRe), devra payer une amende de 200 000 euros.

Deux autres prévenus, des responsables commerciaux du groupe QuatuHoRe, sont relaxés « au bénéfice du doute », selon la présidente Carole Mauduit.

« Les prévenus ont triché. Ils l'assument et ont été punis. »

Le parquet de Toulouse, les prévenus et leurs conseils ont dix jours pour faire éventuellement appel de ce jugement. « Faire appel ? Mais pourquoi faire ?, s'est exclamé maître Simon Cohen, l'avocat des trois associés, joint par téléphone. Le tribunal a eu une saine appréciation des choses. Leurs entreprises sont parfaitement gérées. Il n'y avait aucune raison de les interdire de gérer. Cela aurait été une peine inadaptée. » Et de souligner « un jugement clairvoyant » qui reconnaît « la responsabilité pénale du fournisseur informatique, alors que ce dernier plaidait la relaxe ».

« C'est une peine juste. Nous ne ferons pas appel, a réagi de son côté Jocelyn Momasso, l'avocat de Didier B, à l'issue du délibéré. Les prévenus ont triché. Ils l'assument et ont été punis. » Même son de cloche pour Jacques Derieux, le conseil d'Olivier Bouscatel, qui - téléphone à l'oreille - indiquait d'un geste de la main que son client ne devrait pas non plus faire appel.

« J'apprécierais, dans les délais d'appel, si je forme un recours contre ce jugement », a indiqué pour sa part le procureur de la République de Toulouse Dominique Alzéari.

Contacté par Mediacités, Thierry Pariente, le conseil d'Alain Erb, n'a pas donné suite.