Raidissement. Les bons connaisseurs de Jean‐Luc Moudenc l’ont remarqué tout au long de son mandat, le maire de Toulouse, sous ses abords bonhommes, laisse de plus en plus transparaître sa nature autoritaire. En dehors de son attitude au conseil municipal, où il doit faire face, il est vrai, aux critiques virulentes de son opposition, la main de fer de Jean‐Luc Moudenc s’est abattue à intervalles de plus en plus réguliers sur le tissu associatif.
Juste après sa réélection, en 2020, il convoque l’association Deux Pieds de Roues (2P2R) dans son bureau. « Il avait une chemise avec un certain nombre d’articles et de publications critiques de 2P2R sur les réseaux sociaux, raconte un membre de l’association. Il nous a dit : »Si vous voulez qu’on travaille ensemble sur ce mandat, il faudra arrêter ce genre de publications’”. » L’année suivante, l’association de cyclistes et piétons obtient l’annulation du Plan de déplacement urbain. Devant la déconvenue, le maire dénonce « la dérive politicienne » de 2P2R en conseil municipal, le 29 janvier 2021.
Les représailles tombent deux ans plus tard. De sources concordantes, le cabinet du maire fait pression sur la Maison du vélo pour qu’elle cesse de proposer à ses usagers une adhésion commune avec 2P2R. La subvention municipale attendue par la structure située face à la gare est suspendue. Pour préserver son activité et ses emplois, la Maison du vélo ploie l’échine. Consigne est passée de ne pas ébruiter l’affaire. Le chantage a fonctionné.
Plus récemment, le maire de Toulouse est allé encore plus loin, en saisissant le parquet de Toulouse pour dénoncer un soi‐disant mésusage de subvention concernant le théâtre du Grand Rond. En cause, une avance de trésorerie réalisée par cette institution en 2021 pour permettre l’ouverture d’un lieu de résidence théâtre à Cintegabelle. Lieu permettant aux compagnies, notamment toulousaines, de créer des spectacles bénéficiant au public toulousain.
Le théâtre s’était pourtant expliqué à l’oral face à Francis Grass, adjoint à la culture, à l’automne 2025, puis par écrit, début février. Mais la structure avait aussi contre‐attaqué par voie de presse, dénonçant les « demi‐promesses » et les « manœuvres dilatoires » d’une municipalité louvoyant depuis deux ans pour ne pas assumer son refus de soutenir davantage le théâtre menacé de fermeture.
« Nous avons peur d’une municipalité qui utilise sa force, non pour œuvrer au bien commun, mais pour intimider ceux qui la gênent …