À peine trois ans après son ouverture, l’un des établissements toulousains phares du dispositif de mixité sociale au collège en Haute‐Garonne est déjà dans le dur.
Lancé en 2017 par le rectorat et le Conseil départemental, le projet mise sur la répartition d’élèves venus des quartiers politiques de la ville (QPV) dans des collèges plus favorisés. Il inclut la fermeture et la destruction, dans la zone du grand Mirail, des collèges Badiou et Bellefontaine et leur remplacement par les collèges Saint‐Simon et Guilhermy, situés en périphérie de la commune.
Ouverts en septembre 2022, ces deux établissements neufs ont été renommés à peine deux ans plus tard, en juillet 2024. Ils s’appellent désormais respectivement Jeanne et Jean Philippe (du nom d’un couple de résistants) et Sabine Weiss (une célèbre photographe franco‐suisse).
Un climat difficile
Si nul ne conteste la pertinence symbolique de ces nouvelles identités, c’est un ripolinage bien plus profond qu’auraient souhaité les personnels du collège Jeanne et Jean Philippe, dont une bonne partie pointe des manques importants.
« Ça a vraiment été très dur sur le mois de novembre, raconte Yan, enseignant dans l’établissement. Je parle d’une dégradation du climat, avec beaucoup de bagarres, des élèves qui ont des problèmes de comportement et qui, n’ayant pas ou peu de sanctions, montent la barre. Nous avons besoin d’un CPE en renfort et d’un assistant prévention sécurité (chargé de désamorcer les conflits, NDLR) en plus. »
Béatrice*, l’une de ces …