Mineurs isolés : le Nord, victime d’un déni de bon sens

Les hébergements d’urgence ouverts par le conseil départemental du Nord n’accueillent pas les jeunes exilés qui dorment à la rue mais… des mineurs venant d’autres départements. Ubuesque !

Jeunes Kurdes
Jeunes kurdes irakiens hébergés par la ville de Grande-Synthe dans l’espace jeunes du quartier Moulin. Février 2018. Photo François Cortade.

Des hébergements d’urgence provisoires pour des migrants mineurs isolés, ouverts en catastrophe début janvier par le conseil départemental du Nord, on ne s’étonne pas. A Dunkerque, à Lille, ils sont plusieurs dizaines à dormir dehors, dans le froid, et la France leur doit une mise à l’abri. Mais surprise : pas d’exilés désireux de passer en Angleterre parmi eux. Ces jeunes viennent d’autres grandes villes françaises (Grenoble, Marseille…) et ne comprennent d’ailleurs pas très bien ce qu’ils font là...

Le Nord a dû gérer l’arrivée de jeunes supplémentaires. La faute à une mesure administrative automatique : une cellule nationale répartit les mineurs non accompagnés entre tous les départements selon un calcul mathématique complexe basé, notamment, sur leur population de moins de 19 ans. Le Nord étant le département le plus jeune de France, sa clé de répartition est donc la plus élevée. En 2017, il devait accueillir 4,57 % des mineurs non accompagnés présents en France, et bénéficiaires d’une ordonnance de placement provisoire. Par comparaison, Paris doit en accueillir 2,25 % et la Creuse 0,15 %.

Jean-René Lecerf, le président (ex-LR) du conseil départemental, est vent debout contre ce système. Il crie à l’injustice. D’autant plus qu'un décret de 2016 avait fixé comme objectif de « répartir de manière proportionnée les accueils ». « Ce mode de calcul ne tient pas compte de la situation sociologique du Nord, déplore-t-on au Département. Nous avons un taux de chômage élevé, des difficultés sociales, avec une vulnérabilité des familles. » Ce qui explique le grand nombre d’enfants . . .

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Publié le

Temps de lecture : 2 minutes

Par Stéphanie Maurice