Hauts‐de‐France : le business très discutable de la formation des élus

De très nombreux et fort lucratifs organismes de formation gravitent autour des partis politiques avec qui ils nouent des relations aussi étroites que malsaines. Second volet de notre enquête sur la formation des élus du Nord-Pas-de-Calais.

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La formation des élus locaux, financée sur fonds publics, est souvent dispensée par des officines dépendant de partis politiques dont les formateurs sont parfois aussi des élus. Illustration : Jean-Paul Van der Elst

Plonger dans le maquis des 201 organismes de formation d’élus donne le tournis. Ne serait‐ce qu’au niveau des tarifs pratiqués. Exemple parmi d’autres : en 2017, 32 élus du groupe Métropole Passion commune (MPC) de la Métropole européenne de Lille (MEL) – dont le président Damien Castelain -, ont suivi le cours « Nouveau code des marchés publics et nouveaux outils de communication ». Un sujet crucial et… lucratif pour System formation. Cet organisme parisien, dirigé par Marie‐France Attia, une ancienne élue UMP a été payé 720 euros la journée. Rien d’exhorbitant à première vue. Sauf que ce montant vaut pour chacun des 32 élus. Soit un total de 23 040 euros ! Il ne coûte pourtant pas beaucoup plus cher de former trente élus que cinq…

Autre acteur bien portant de ce marché foisonnant : la société A Senatus Consulto, fondée par Frédéric Derai en 2008. En 2016, les élus des groupes de droite (MCU) et divers‐droite (Gidec) de la MEL y ont eu recours à deux reprises pour 9 746 euros ; et les conseillers LR du département du Nord lui ont commandé sept formations pour 59 630 euros. La société présente d’excellents ratios financiers : elle a réalisé 303 000 euros de chiffre d’affaires en 2016 et dégagé 80 000 euros de dividendes pour l’actionnaire également unique salarié. En 2015, les dividendes s’élevaient même à 100 000 euros ! Et l’année 2017 a été encore très profitable. 

Ces belles rentabilités ont incité presque tous les partis politiques à créer leurs propres structures de formation. Certaines n’y sont pas organiquement rattachées, d’autres carrément intégrées à la comptabilité des partis. Dans tous les cas, ces organismes deviennent les bras armés et financiers des partis politiques. Rien d’illégal dans cette pratique, au demeurant : la loi n’interdit pas à un parti de vendre des prestations même si celles‐ci sont imposées aux collectivités par les élus. Voilà qui devrait pour le moins poser question ! Mais le sujet demeure tabou…

Après s’est penché sur le cas des socialistes du Nord et du Pas‐de‐Calais, Mediacités passe …

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Par Pierre Januel