Les collaborateurs de cabinet sont, en France, un sujet sensible. A mi-distance entre la sphère politique et administrative, ces salariés, souvent jeunes et militants, permettent aux élus d’asseoir leur pouvoir mais également de recruter de jeunes militants bien formés. Les « collab’ de cab’ » sont l’illustration de la professionnalisation grandissante de la vie politique. C’est pour éviter cette dérive que leur nombre a été encadré. Selon un décret de 1987, le cabinet du président du département du Nord ou du président de la Métropole européenne de Lille (MEL), par exemple, ne peuvent comporter plus de 13 membres. Soit plus qu’un ministre, limité à 10 collaborateurs…

Malgré cela, les grosses collectivités recrutent à tour de bras. Quitte à passer par d’autres statuts pour ne pas enfreindre ouvertement la loi. Et à rattacher des « chargés de mission » aux vice-présidents pour qu’ils n’apparaissent pas dans le quota légal des collaborateurs de cabinet… Mediacités s’est penché sur le cas du département du Nord. Nous avons ainsi retrouvé pas moins de 21 « assistants » au sein du service « Assemblées et contrôle de la légalité » de la « Direction des Affaires Juridiques et de l’Achat Public ». Or une simple visite sur le réseau social professionnel LinkedIn permet de constater que, sur tous les profils que nous avons retrouvés (soit la moitié des « assistants »), tous se présentent comme… collaborateurs de vice-présidents. Et la collectivité assume en les désignant clairement comme tels.

Cette situation est-elle normale ? Pas du tout ! La loi est très claire puisqu’elle parle de collaborateur « de cabinet » et non « de pr . . .

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