Il ne faudra pas le louper. D’ici quelques semaines, sortira sur des plateformes web un documentaire tout en finesse sur les Aviateurs. Ou plus exactement sur la perception qu’ont les habitants du projet de réhabilitation de cet ensemble vieillissant de 352 logements situés au cœur du quartier lillois des Bois-Blancs. La vétusté des immeubles justifie un chantier d’ampleur. Pourtant, il inquiète les résidents historiques, ceux qui sont arrivés là dans les années 1960 en provenance des courées de Saint-Sauveur. Le bon millier de résidents des Aviateurs se demandent en premier lieu où ils seront relogés, le temps des travaux, par le bailleur social Vilogia. Mais au-delà, beaucoup d’habitants craignent que ce délogement participe de la disparition ce qui fait la spécificité des Bois-Blancs. « Ici, des identités différentes coexistent, explique le documentariste Marc Duport. S’il y a une uniformisation, il n’y aura plus qu’un seul Bois-Blancs… »

Campé au nord de Lille, le quartier des Bois-Blancs est une sorte d’île née du creusement du canal à Grand gabarit en 1950. Ses origines sont ouvrières, son âme celle d’un village avec son église, sa place Saint-Charles rénovée et ses habitats participatifs. De l’autre côté du canal, on trouve le pôle d’innovation Euratechnologies et Canteleu, qui jouxtent le quartier du Marais de Lomme ; plus loin encore, l’avenue de Dunkerque et le secteur excentré de la piscine Marx-Dormoy. Autant d’identités très diverses pour ce quartier de 8 000 habitants, bousculées depuis une vingtaine d’années, par des changements incessants.               

Les Bois-Blancs constituent l’exemple parfait d’un espace en voie de gentrification, ce mouvement plus ou moins subi qui suscite l’éviction des plus pauvres. « Le quartier est victime de son succès. Les populations qui étaient . . .

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