Le 13 décembre prochain, c’est la distribution des cadeaux de Noël au conseil départemental du Nord. Ou plus exactement, la tenue de la commission permanente qui affectera les subventions aux Actions d'intérêt local (AIL) présentées par chaque élu. Cette subvention, c’est un peu l’équivalent de feu la réserve parlementaire, une cagnotte laissée à discrétion des députés et sénateurs qui fut supprimée en 2017 en raison de ses relents clientélistes. Bizarrement, ce raisonnement n’a pas été suivi au niveau local. Les élus départementaux disposent chacun d’une enveloppe de quelques dizaines de milliers d’euros qu’ils répartissent comme bon leur semble. Une pratique très répandue dans le pays.

La séance s’annonce houleuse. Car les six élus verts, qui ont fait leur entrée pour la première fois au département du Nord en juin dernier, sont vent debout contre une pratique qu’ils jugent inique, opaque et ancestrale. « Le conseil départemental, c’est le XIXe siècle ! », s’enflamme Céline Scavennec, élue sur le canton de Lille 3 (Lille, Hellemmes, Mons-en-Baroeul). Pour elle, le système n'est pas sain. Il laisse trop de latitude à des élus qui peuvent user de leur générosité en échange d'un soutien électoral. Le système des AIL aboutirait en outre à un saupoudrage d'aides peu pertinentes.
Jusqu'à 60 000 euros par canton
Il suffit de parcourir la liste des subventions locales attribuées en 2020 pour s'en persuader. A l'image . . .

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Jacques Trentesaux
Je suis tout à la fois le directeur de la rédaction et le président de Mediacités, que j’ai co-fondé avec plusieurs anciens collègues du groupe L’Express fin 2016. Nordiste d’origine, j’habite Paris mais j’ai à cœur de revenir dans ma région natale pour y enquêter autant que mes autres fonctions m’en laissent le temps. Avant Mediacités, je suis passé par La Croix, Liaisons sociales, Les Echos et L’Express, où j’ai notamment occupé le poste de rédacteur en chef de la rubrique Régions. Je n’aime rien tant que « sortir du périphérique parisien » pour aller sur le terrain afin de comprendre les réalités du pays.
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