Ils ont encore la scène en mémoire. Lundi 15 avril, « un homme a voulu se suicider avec les barbelés ! » Dounia * , enfermée au Centre de rétention administrative (CRA) de Lyon Saint-Exupéry, dit y avoir assisté. Elle n’est pas la seule. « Il y a eu une émeute dans le centre, raconte Malik*, un autre “retenu” , d’origine algérienne. Il est monté sur le toit. Il a mis du fil barbelé autour de son cou et a essayé de se pendre. »                                                

Du côté de la préfecture du Rhône, on réfute formellement : « Ce n'était pas d’un suicide, mais d’une tentative d’évasion. » Évacué par les pompiers, l’homme, « blessé léger », a été transporté à l’hôpital en fin de journée. « Il s’agissait d’une fuite par escalade, précisent les services de l’Etat. L’homme s’est retrouvé piégé dans les barbelés. Ses vêtements se sont accrochés. Il a été immobilisé à deux mètres de hauteur. Les policiers l’ont décoincé grâce à l’échelle de service. » Selon la préfecture, « les images de vidéosurveillance ont été visionnées le jour même » par la police et « confirment les faits ».

Tensions en hausse

Quelques jours plus tard, le blessé était de retour au centre. « Ce n’était pas une évasion, affirme Youssef*, un jeune Tunisien. Même s’il passait ce bâtiment [celui sur lequel il serait monté], il y avait d’autres obstacles après. Il est resté plus de dix minutes sur le toit. » Le récit de Malik* va dans le même sens : depuis le toit, l’homme aurait passé de longues minutes avec des barbelés autour du cou, menaçant de sauter. « Il demandait à voir le procureur, raconte-t-il. Les policiers n’ont rien fait. » D’après eux, c’est un groupe de détenus qui a fini par escalader le bâtiment pour le décrocher.

CRA Saint-Exupery2
A l'entrée du CRA de Saint-Exupéry. Photo : NB/Mediacités.

Cet événement fait suite à la tentative d’évasion deux jours plus tôt, le samedi 13 avril, d’une demi-douzaine de détenus. Trois d’entre eux ont réussi ce que la quasi-totalité des résidents du CRA rêvent de faire : quitter le centre. Pour ceux qui y sont toujours enfermés, cette évasion a surtout contribué à accroître la tension à l’intérieur, déjà très élevée.

« Je fais la grève de la faim depuis 16 ou 17 jours. Je n’arrive plus à tenir debout »

Signe de cette crispation, en mars, des détenus ont entrepris des grèves de la faim à deux reprises. Contacté à ce moment-là, l’un d’eux avait alors expliqué à Mediacités qu’il y participait pour protester contre les conditions de vie dans le centre. « Je fais la grève depuis 16 ou 17 jours. Je n’arrive plus à tenir debout », se plaignait-il.

D’autres témoignages confirment les grèves récentes et évoquent d’autres mouvements plus ponctuels. Les résidents du CRA auraient ainsi refusé collectivement de manger le soir du 15 avril. « Il n’y a pas de grève de la faim », démentait de son côté, en mars, Forum-réfugiés, l’association chargée de l’accompagnement juridique des détenus de Saint-Exupéry, interrogée par Le Progrès. Le mouvement n’aurait pourtant rien d’inédit. En janvier dernier, plusieurs grèves de la faim ont eu lieu dans quatre autres CRA du pays (Roissy, Vincennes, Rouen et Sète).

CRA St-Ex
Vue aérienne du CRA de Saint-Exupéry. Image Google Earth.

21 jours de rétention en moyenne

Pendant plusieurs semaines, Mediacités a collecté des témoignages de détenus du Centre de rétention administrative de Saint-Exupéry. Dans ce lieu fermé, près d’une centaine d’étrangers faisant l'objet « d'une décision d'éloignement dans l'attente de [leur] renvoi forcé » sont maintenus sous la surveillance de la Police aux frontières (PAF). Bien que le séjour irrégulier ne soit pas un délit en France, il peut entraîner une « rétention » sur décision du préfet, avec contrôle du juge administratif en cas de prolongement.

En matière « d’éloignement » – le mot administratif pour parler d’expulsion –, le centre de Lyon Saint-Exupéry fait figure de bon élève. Selon un rapport réalisé par six associations intervenant dans les CRA français, il enregistre, sur l’année 2017, le deuxième taux d’éloignement le plus élevé de France métropolitaine (59% des placements ont abouti à un « éloignement »), derrière Perpignan (69%), mais loin devant la moyenne métropolitaine (40%). Chaque année, près de 50 000 personnes sont placées dans l’un des 24 CRA du pays, dont presque la moitié en outre-mer.

Avec la récente loi « Collomb » sur l’asile et l’immigration, le maintien en rétention peut durer jusqu’à 90 jours, contre 45 auparavant. Ce changement législatif doit permettre à l'administration française de disposer de davantage de temps pour récupérer des laisser-passer auprès des pays vers lesquels sont expulsés les étrangers... et donc de doper le taux « d’éloignement ». A deux pas du fief de l’ex-ministre de l’Intérieur, la durée moyenne passée au CRA pour un détenu a augmenté (21 jours en 2019 contre 16 en 2017), sans que cela n'ait d’impact sur le taux d’expulsion, à 59% depuis le début de l'année 2019, d’après les chiffres de la préfecture - soit autant qu’en 2017. Comprenez : avec cette nouvelle loi, à Lyon, l’enfermement dure plus longtemps, mais ne permet pas d’effectuer plus d’expulsions.

« Regardez les violences ! »

Tous les détenus du CRA de Saint-Exupéry interrogés évoquent des violences policières dans le centre. « J’ai été dans cinq CRA différents, calcule un détenu algérien qui se fait surnommer « Le Chat ». Ici, c’est le pire, ça n’a rien à voir. Les policiers nous parlent mal. » D’autres détenus se disent victimes de violences physiques. « Trois policiers m’ont emmené dans une chambre pour me taper, raconte Amir. J’avais rien dit. J’avais juste demandé "c’est quand mon départ ?" Le policier m’a répondu "ta gueule, on demande rien ici, c’est nous qui commandons". J’ai été tapé comme un chien. Et je ne suis pas le premier. » Au parloir, Karim montre son nez gonflé et assure qu’il s’agit d’une trace de coup porté par un policier : « Normalement, la police représente la loi française. Ils ne devraient pas nous parler mal ou nous frapper. »

Mediacités a obtenu plusieurs vidéos filmées début mars 2019 par un détenu à l’intérieur du CRA. Dans l’une d’elle, deux jeunes hommes montrent leurs blessures au visage. L’un des deux parle à la caméra, accusant les « flics » de leur avoir causé ces blessures lors d’une garde-à-vue : « Là, ils ont frappé ». Il continue en montrant du doigt une cicatrice sur son arcade, puis une ecchymose à son œil : « J’ai pris un coup là, j’ai pris un coup là. Ils n’ont rien fait pour moi. » Avant d’ajouter : « On est dans la galère. Il n’y a aucune personne qui sent ce qu’on sent là, dans le dépôt, dans le centre de rétention à Lyon. » Hésitant, il cherche ses mots. « S’il vous plaît. Regardez les violences », poursuit-il. La caméra tourne ensuite pour filmer le visage d’un second « retenu », qui porte un pansement sur le nez et à la pommette enflée.

Photos prises par des détenus du CRA de Saint-Exupéry. Documents Mediacités.

Le protagoniste de la vidéo a également obtenu un certificat médical signé par un médecin du CRA [voir document ci-dessous], attestant que son patient « déclare avoir été agressé par la police » et constate « deux effractions cutanées superficielles supra sourcillaire [sic] droit ». Le blessé aurait porté plainte, selon une source, tandis que le parquet de Lyon indique à Mediacités ne pas en avoir de trace. « Mais cela ne signifie pas qu’elle n’a pas été déposée », précise-t-il.

certificat médical
Certificat médical établi en mars 2019 par un médecin des HCL. Document Mediacités.

Concernant ces accusations de violences policières, « aucune plainte n’a été déposée » selon la préfecture, qui tient à rappeler le « passé pénal lourd » et « les comportements violents » d’une partie des détenus du centre. De son côté, le parquet de Lyon se montre moins affirmatif : « Des plaintes au CRA ? On en a à foison. » S'il s'agit « majoritairement d'affaires entre retenus, comme des bagarres ou des vols », les services du ministère public affirme avoir « aussi reçu des plaintes contre des policiers » sans en préciser le nombre, « en l’absence de statistiques en la matière ».

Toujours selon le parquet, l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN), la « police des polices », n’est saisie « que si la plainte est sérieuse ». Par « sérieuse », il faut comprendre, notamment, « s’il y a un justificatif médical » ou « s’il n’y a pas de lien avec une procédure déjà connue ». Par exemple dans le cas où le policier mis en cause a lui-même porté plainte contre le retenu. Le parquet dit ne pas savoir si une enquête de ce type a déjà été diligentée au CRA. Ces plaintes visant des policiers « sont le plus souvent classées sans suite et ne vont pas jusqu’au tribunal », ajoute-t-il. Et la plupart des plaignants accusant des policiers « ne prennent pas d’avocat ».

« Pour chaque dépôt de plainte, une enquête est systématiquement ouverte par le parquet avec les images de vidéosurveillance à l’appui », assure la préfecture. Elle souligne que les retenus peuvent bénéficier de l’aide de Forum-réfugiés « pour leur défense et pour formaliser un dépôt de plainte ».

CRA Saint-Exupery3
Le Centre de rétention administrative de Lyon. Photo : NB/Mediacités.

Arrêté lors d’un contrôle sur un chantier

D’un détenu à l’autre, les profils varient. Certains sont d’anciens prisonniers placés là dès leur sortie. Assia*, une Française de 24 ans, était la conjointe d’un Tunisien emprisonné puis expulsé après un passage au CRA de Saint-Exupéry. « Il était à la prison de Saint-Quentin Fallavier, raconte-t-elle. Pour sa sortie, on m’a appelé en me disant "venez le chercher". Mais quand je suis arrivée, la gendarmerie était passée avant et l’avait emmené au CRA. » Celui qui se fait appeler « Le Chat » a, lui aussi, été placé en rétention à sa sortie de prison : « J’ai fini ma peine et pourtant ils m’ont amené ici. C’est une double-peine ! », lance-t-il.

Tous ne sont pas passés par la prison. Hakim*, de nationalité tunisienne, travaillait au noir dans le bâtiment. Installé depuis plusieurs années en France, sa vie a basculé du jour au lendemain. « La police est venue faire un contrôle sur le chantier un matin avant le travail. Ils m’ont emmené », raconte-t-il. D’autres parcours, difficiles à vérifier, sont franchement ubuesques. Comme celui de Yacine, algérien, qui explique vivre habituellement en Corée du sud et affirme être venu passer des vacances en Allemagne. Parti quelques jours en Italie pour assister à un match de football, il dit avoir été arrêté dans une gare lyonnaise sur le trajet du retour. « J’étais avec ma petite amie, s’indigne-t-il. Il faut que je la rejoigne en Allemagne dès que possible ! »

Lotfi, un Tunisien vivant en Italie, affirme, lui, avoir été arrêté après un contrôle de police dans le bus qui le ramenait en Italie, après des vacances chez son frère en France. « J’ai un permis de séjour italien. Je veux retourner en Italie. C’est stupide de me garder ici. J’ai un travail en Italie ! », martèle-t-il.

« J’ai fait de la prison avant. Là, c’est pire ! »

D’après les témoignages des détenus, le quotidien à l’intérieur du centre est particulièrement rude. « J’ai fait de la prison avant. Là, c’est pire ! » s’indigne Ramzi, un quadragénaire tunisien. Tous les retenus interrogés qui ont déjà séjourné en prison confirment. « Les surveillants [de prison] sont mieux que les policiers [du CRA], explique « Le Chat ». Ici, c’est de la torture morale ». « Quand t’es ici, t’es déjà pas bien, t’as le moral à zéro, soupire Hakim. Mais on te casse encore plus le moral. On dirait qu’on est des vendeurs de drogue, des violeurs. Ils nous traitent comme des criminels. On n’est pas des criminels ! »

« On étouffe ! » se plaint Amir, qui préférerait être renvoyé dans son pays, la Tunisie, plutôt que de rester enfermé. « On s’ennuie ici. Il n’y a rien à faire, pas de jeux », soupire-t-il. « Dans ma chambre, il n’y a même pas la télé ! », s’exclame Hakim*. Les seules occupations sont les téléphones portables – autorisés à condition qu’ils ne possèdent pas de caméra – et les promenades à l'intérieur du centre. Mais « la cour est trop petite, déplore Yacine. Tu ne peux pas faire de sport, te défouler ». Une promiscuité attestée par une autre vidéo consultée par Mediacités, dans laquelle on peut voir quelques hommes tourner en rond dans une cour étroite du centre de rétention, couverte d’un grillage.

Capture
Capture d'écran d'une vidéo tournée par des détenus du CRA de Lyon Saint-Exupéry, mars 2019. Document Mediacités.

Autre cible de critiques virulentes de la part des détenus : la nourriture. Assurés par un prestataire privé, quatre repas quotidiens sont servis. « C’est dégueulasse », peste Dounia*. « Je ne peux pas manger, maugrée Karim, un jeune Algérien aux traits fatigués. Je peux manger juste le yaourt et le pain. Je suis passé de 75 à 65 kilos en un mois ! Un truc de fou ». « Ils ne nous laissent pas rentrer de nourriture, s’agace Amir. Alors qu’ici, c’est de la merde. On a la dalle. » Est-il interdit aux visiteurs d’apporter de la nourriture ? À la préfecture, on indique que pour « faire respecter les règles sanitaires élémentaires », certains aliments ne peuvent pas être stockés dans les chambres, qu’ils viennent de l’extérieur ou de la cantine - sans préciser lesquels.

Des traitement médicaux pointés du doigt

Entre le stress que peut causer l’enfermement et les problèmes d’alimentation, plusieurs personnes interrogées font part de problèmes de santé. L’accès aux soins dans le centre fait l’objet d’une convention avec les Hospices civils de Lyon (HCL). Une équipe infirmière est présente tous les jours, ce à quoi s’ajoutent cinq demi-journées de permanence d’un médecin. Mais les « retenus » dénoncent des traitements inadaptés à leurs besoins. Habib, un Algérien d’une trentaine d’année, explique qu’il bénéficiait d’un suivi médical depuis 2016 pour « des problèmes psychologiques », interrompu depuis son placement en rétention. Hakim* avait des douleurs aux yeux : « L'ophtalmo ne vient qu’une fois par mois, donc je dois attendre. Ils te donnent juste des trucs pour dormir. »

À en croire leurs dires, les « retenus » se voient administrer des calmants de manière courante et à des doses élevées. « Le médecin m’a donné des médicaments, je ne savais pas ce que c’était, témoigne Lotfi. J’en ai pris un. J’étais comme mort, je vous jure. J’avais l’impression d’être drogué. » Karim, à qui une infirmière a prescrit des « médicaments pour calmer, pour diminuer la pression », s’interroge : « Pourquoi elle me prescrit ça ? Je suis calme pourtant. » Même agacement pour Youssef* : « Les calmants, je refuse de les prendre. Je ne suis pas un toxicomane ! »

Le sujet donne lieu à toutes les spéculations. Yacine est persuadé que des médicaments ont été mis dans sa nourriture : « Une fois, après avoir mangé, je me suis senti totalement shooté. » Deux médicaments reviennent fréquemment dans les témoignages recueillis, le Diazépam et le Séresta. S’ils ont des propriétés hypnotiques et apaisantes, ces deux anxiolytiques peuvent créer une dépendance selon la durée du traitement et la dose. Sur ces questions, la préfecture invoque le secret médical et rappelle que ce sujet ne relève pas de la compétence de la PAF mais des Hospices civils de Lyon. Contactés, les HCL ne nous avaient pas répondu au moment de notre bouclage.

Un centre saturé

« C’est un endroit de privation de liberté, pas "le club Med", commente-t-on à la préfecture à propos des conditions de rétention à Saint-Exupéry. On a conscience que ce centre n’est pas le plus adapté qu’il soit, ni pour les retenus ni pour les policiers. » Créé en 1995 à quelques encablures de l’aéroport, cet ancien hôtel Formule 1 de 50 chambres – comme le rappelle un rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté de 2011 – arrive à saturation. Fin avril 2019, toujours selon la préfecture, la capacité maximale du centre était atteinte pour l’accueil des hommes (84 places disponibles dans les blocs masculins).

CRA Saint-Exupery4
Le CRA se trouve à proximité immédiate de l'aéroport; Photo : NB/Mediacités.

Des travaux sont annoncés pour 2019 ainsi qu’un déménagement en 2021 dans un lieu encore inconnu. Dénonçant « beaucoup de choses fausses » dans les accusations formulées contre le Centre de rétention administrative de Saint-Exupéry et la Police aux frontières, la préfecture a refusé notre demande de visite  du CRA et d’interview de sa direction. « On ne souhaite pas envenimer les choses », a-t-elle justifié. Aveu de faiblesse ? En tout cas, l’opacité des autorités n’aide pas à lever les doutes sur les graves critiques dont le centre est la cible.      

Pour réaliser ce sujet, j’ai pris contact avec une quinzaine de détenus, ainsi que des proches. En me rendant deux fois au parloir du CRA, j’ai découvert les conditions difficiles endurées par l'entourage des détenus lors des visites : plages horaires contraignantes (9h30-11h30, 14h-18h15), long trajet du centre de l'agglomération jusqu’à Saint-Exupéry et attente parfois longue devant les grilles (plus de 20 minutes avant que des policiers ne viennent ouvrir lors de l’une de mes visites) pour à peine 30 minutes au parloir.

Un matin, en arrivant au centre, j’ai appris par la police que la personne à qui je rendais visite venait d’être expulsée. J’avais été en contact avec elle l’avant-veille au soir pour fixer le rendez-vous. Elle n’avait donc pas été notifiée de son expulsion imminente. Du fait de cet imprévu et des fréquentes pertes de contacts du jour au lendemain à cause des expulsions, j’ai dû privilégier le téléphone pour la suite de mes entretiens.

Les détenus originaires du Maghreb sont largement surreprésentés parmi les personnes citées, la barrière de la langue ayant bloqué les échanges avec les personnes ni francophones ni anglophones. Cela a posé problème pour recueillir les témoignages d’Européens de l’Est, pourtant nombreux (les Albanais étaient la première nationalité d’origine parmi les personnes enfermées au CRA de Saint-Exupéry en 2017). Les témoignages de femmes retenues sont également très rares : elles sont bien moins nombreuses que les hommes et ont montré beaucoup plus de réticences à témoigner malgré mes sollicitations.


Note de la rédaction - Nous avons choisi de ne pas diffuser les vidéos tournées à l'intérieur du CRA mentionnées dans notre enquête, à l'exception de quelques captures d'écran. La raison ? Plusieurs personnes sont facilement identifiables sur ces films, alors que certaines nous ont confié leurs témoignages à la condition de rester anonymes.