C’est devenu un « cluster ». Autrement dit : un foyer de contamination. Depuis le 21 mars, le centre hospitalier gériatrique (CHG) du Mont d’Or, à Albigny-sur-Saône, au nord de l’agglomération lyonnaise, compte officiellement des malades du Covid-19 dans plusieurs de ses services. Au nombre de trois quand le virus a été détecté parmi des patients de l’établissement, l’un des plus importants de la région Auvergne-Rhône-Alpes dans sa catégorie avec 638 lits (dont 352 en Ehpad), ils étaient une vingtaine, onze jours plus tard, ce mercredi 1er avril, selon une source syndicale. S’ajoutent sept autres contaminés qui ont été transférés à l’hôpital de la Croix-Rousse. Cinq décès sont à déplorer au centre d’Albigny, à la date du vendredi 3 avril. Quand, côté soignants, huit professionnels, au moins, sont actuellement en arrêt maladie pour avoir contracté le coronavirus sur les 700 salariés du CHG.

Pour les membres du personnel interviewés par Mediacités, le mal est fait. Dans ces lieux très sensibles - l’établissement reçoit exclusivement des personnes de plus de 60 ans -, les équipes n’ont pas disposé de matériel face à l’épidémie. « Il aurait fallu un équipement permanent il y a trois semaines », souffle une infirmière. Comme plusieurs collègues, elle s’est battue pour avoir des masques. Obtenus… mais trop tard. Jusqu’au 18 mars, comme les aides-soignants, elle était au contact des patients sans protection. Elle est aujourd’hui persuadée que c’est un « porteur sain », un travailleur sans symptômes, qui a ramené le virus à l’hôpital. « Et une fois qu’il est là, c’est trop tard », soupire-t-elle.

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