« Vous avez vendu la France aux étrangers » : dans la Loire, le règne d’un maire « sans étiquette » aux obsessions d’extrême droite

Il se dit sans étiquette. Pour autant, Gérard Tardy, maire de Lorette, parraine Eric Zemmour, salue Jordan Bardella, relaie la théorie du « grand remplacement » et multiplie les mesures qui stigmatisent les musulmans et les femmes voilées. Entre discours anti-immigration, intimidations de ses opposants et condamnations judiciaires, l’édile octogénaire dirige cette commune de la vallée du Gier d’une main de fer… depuis près de quarante ans.

Gérard Tardy, 88 ans, maire de Lorette, dans la Loire, depuis 1989. Photo : MaxPPP.

Entre Grand‐Croix et Rive‐de‐Gier, la commune de Lorette – 5000 habitants – s’étire sur les rives du Gier. Dans cette bourgade de la vallée autrefois industrielle, située entre Lyon et Saint‐Etienne, les commerces se font rares. Et sous la pluie de cette fin du mois de septembre, les quelques passants pressent le pas. Seuls les panneaux d’affichage lumineux de la ville rompent cette grisaille, avec le même message diffusé en boucle à divers endroits : « La République se vit à visage découvert. »

« Je ne fais même plus attention maintenant, mais c’est vrai que c’est extrêmement malaisant », déplore Ilan, la vingtaine, qui habite à Lorette depuis six mois et connaît bien la commune : ses grands‐parents y vivent depuis toujours. Ce message sur des panneaux en général destinés aux informations pratiques (horaires d’ouverture de la mairie, date de la prochaine brocante…) est signé Gérard Tardy. Aujourd’hui âgé de 88 ans, cet ancien entrepreneur dans le secteur des transports dirige la ville depuis 1989. Au fil de ses mandats – il entame donc le septième (!) –, il s’est fait une spécialité : stigmatiser ses administrés musulmans.

Panneaux de la municipalité de Lorette. Photo : E.Roney.

Applaudi par le Front national

Déjà sur ces mêmes panneaux lumineux, en 2016, l’élu avait fait écrire : « Le Ramadan doit se vivre sans bruit. » Et provoqué un véritable tollé. Au point d’écoper d’un rappel à la loi de la part de la préfecture pour discrimination. Gérard Tardy avait alors dû retirer son message. Non sans se faire applaudir par les représentantes locales du Front national (ancêtre du Rassemblement national). La conseillère régionale Isabelle Surply, alors encartée au parti lepéniste, lui avait apporté son soutien, ainsi que Sophie Robert, à l’époque figure du mouvement dans le département et membre de son bureau national.

Pour autant, l’édile lorettois l’affirme sans ciller et le revendique : il est sans étiquette politique. Peu importe qu’il ait parrainé Nicolas Dupont‐Aignan pour la présidentielle en 2017 puis Eric Zemmour en 2022 ? Il est celui « qui incarne le mieux la France que je veux retrouver, afin que renaisse notre culture judéo‐chrétienne. Il rétablira l’ordre et une justice efficace », justifiait alors Gérard Tardy à propos du candidat de Reconquête.

Peu importe que lors des élections européennes de 2024, il salue dans le bulletin municipal la victoire de Jordan Bardella ? « Le vent démocratique a tourné. Je rappellerai que 96 départements sur 101 avaient placé la liste de Jordan Bardella en tête », écrivait‐il. Et d’ajouter : « N’ayant pas d’étiquette politique, je ne peux pas applaudir mais je respecte le choix de cette large majorité d’électrices et d’électeurs. »

Sans carte partisane, mais résolument tout à droite de l’échiquier politique. Dans le cadre du dispositif « On a déjà essayé », une initiative éditoriale inédite portée par sept médias indépendants locaux pour enquêter sur l’exercice du pouvoir par l’extrême droite [lire l’encadré en fin d’article], Mediacités s’est intéressé à l’interminable règne de Gérard Tardy à Lorette. Près de quatre décennies émaillées de coups d’éclat aux relents racistes, de condamnations et de dérives autoritaires. Contacté à plusieurs reprises, le maire de Lorette n’a pas souhaité répondre à nos questions [lire « En coulisses »]. Par mail, il s’est juste contenté de revendiquer son statut « sans étiquette » de la façon suivante : « Pour moi depuis le deuxième choc pétrolier [à la fin des années 1970], j’ai retiré toute ma confiance aux états‐majors de la politique partisane car ils tuent la démocratie. »

Mediacités s'allie à d'autres médias locaux pour enquêter sur l'extrême droiteMediacités s'allie à d'autres médias locaux pour enquêter sur l'extrême droite

« Bienvenue dans la principauté de Lorette »

L’expression est revenue à plusieurs reprises dans la bouche de nos interlocuteurs : « Bienvenue dans la principauté de Lorette ! » Dans cette terre d’aciéries, le maire se joue des règles et des lois. Un an après l’affaire des panneaux, Gérard Tardy fait à nouveau parler de lui pour un arrêté discriminatoire : l’interdiction de l’accès au plan de baignade de sa commune à toutes les femmes qui portent un voile ou un burkini.

À l’époque, les baigneurs ont la surprise de découvrir à l’entrée le symbole d’une personne avec un foulard barré. « Vous vous rendez compte ? C’est comme quand, aux Etats‐Unis, il y avait des panneaux “interdits aux personnes noires” », décrit, choqué, un habitant qui a préféré rester anonyme. Plusieurs associations, dont la Ligue des droits de l’Homme et la Maison des potes, portent plainte. Le maire retire finalement son arrêté et est condamné à verser 2 100 euros à la partie civile… Avant de récidiver. Quelques jours plus tard, il fait voter un nouvel arrêté à son conseil municipal pour, cette fois‐ci, interdire aux femmes portant un burkini ou le voile de se baigner. 

Nostalgie coloniale et théorie du « grand remplacement »

Cette hostilité à l’encontre des personnes originaires de l’étranger, ou perçues comme telles, transparaît dans ses éditos qui paraissent chaque trimestre dans les bulletins municipaux. Exemple dans celui daté de décembre 2023, où Gérard Tardy présente ses vœux pour la nouvelle année : « Une des premières conséquences de cette situation [d’ensauvagement] est bien sûr cette immigration clandestine incontrôlée et voulue par nos gouvernants et par l’Europe. En second chef, ce désastre lié à l’immigration clandestine incontrôlée est accentué par la déplorable éducation donnée par certaines familles de culture musulmane à leur progéniture en leur inculquant que les lois de la charia sont plus importantes que le respect des lois françaises. »

En juin 2021, celui qui dit avoir combattu en Algérie verse dans la nostalgie coloniale : « J’ai la prétention d’avoir bien connu ce splendide pays entièrement construit par plus de 130 ans de présence française. […] Je conteste l’attitude du gouvernement algérien qui n’arrête pas de cracher sur la France et de lui demander des excuses alors que c’est lui qui devrait remercier la France de pouvoir profiter de tout ce que nous lui avons laissé après notre départ. » En septembre 2023, il se fait le relais de la théorie d’extrême droite de Renaud Camus du « grand remplacement » : « Très bientôt, à cette cadence, être de couleur de peau blanche sera une tare. »

Gérard Tardy, sur le plateau de la télévision locale TL7. Capture d’écran.

Plus récemment, lors du conseil municipal du 28 septembre dernier, Gérard Tardy souhaitait introduire la séance avec un vœu adressé à Emmanuel Macron, finalement changé à la dernière minute : « Vous avez vendu la France aux étrangers et notamment à ceux que vous tolérez de franchir nos frontières illégalement et que vous gavez de subventions sans qu’ils aient cotisé un centime d’euros. Vous admettez qu’ils aient un revenu supérieur aux salariés qui ont travaillé et cotisé toute leur vie. » Amelle Gassa, qui a été conseillère municipale d’opposition entre 2020 et 2026, s’en indigne : « Tout ça, il l’écrit avec de l’argent public. C’est inacceptable. D’autant que cela ne concerne pas la vie de la commune. »

« Je tiens à rappeler quelle est la définition du visage »

Pour parer les discriminations du maire, l’ex-élue Amelle Gassa (elle a par ailleurs été maire‐adjointe à Givors) a fait plusieurs fois appel au Défenseur des droits, a contacté la préfecture et a également aidé plusieurs victimes. C’est le cas de Jamila*, à qui la mairie refusait de célébrer son mariage, dans un premier temps, si elle portait le voile. Une « note d’information générale aux futurs mariés », signée par Gérard Tardy et que Mediacités a pu consulter, lui avait été remise.

On pouvait y lire : « Devant trop d’interprétations non‐réglementaires de la loi n°2010–1191 du 11 octobre 2020 [qui interdit la dissimulation du visage dans l’espace public] que font beaucoup de jeunes femmes de culture arabe, voire de confession musulmane, en adoptant des tenues qui dissimulent partiellement le visage de la mariée, je tiens à rappeler quelle est la définition du visage. Il comprend notamment : la peau, le menton, la bouche, les lèvres, le philtrum, les dents, le nez, les joues, les sourcils, le front, les cheveux et les oreilles. » A la suite de quoi, Gérard Tardy affirmait ne pas pouvoir célébrer le mariage d’une femme portant un voile couvrant « les oreilles et les cheveux ». En toute illégalité.

L’ennui d’une ville résidentielle

Les obsessions d’extrême droite du maire « sans étiquette » se manifestent dans d’autres domaines. En 2001, l’élu avait coupé les subventions au Centre communal d’action sociale (CCAS) au prétexte qu’il y avait trop d’enfants de « souche musulmane » par rapport à ceux de « souche latine ». « Aujourd’hui, une à deux personnes par an seulement sont aidées par le CCAS, alors qu’il y a 5 000 habitants à Lorette », déplore Amelle Gassa. Contactés pour vérifier ces chiffres, les services du CCAS n’ont pas répondu à nos sollicitations. En 2023, selon l’Insee, le taux de pauvreté dans la commune s’élevait à 16 % (contre 14,2 % pour la moyenne régionale).

Un Lorettois dénonce également l’absence totale de politique sociale du maire : « Il a longtemps refusé de mettre en place la cantine scolaire à un euro par exemple. » Un fin connaisseur de la vie politique locale décrit « une ville à la fois populaire et résidentielle » : « Gérard Tardy a beaucoup développé ce dernier aspect. Il a remodelé la commune de cette manière et instauré un rapport direct avec les habitants. » Durant le règne du maire, la population de la commune a baissé avant de revenir à son niveau de 1990 (5 000 habitants).

Ce jour‐là, les habitants rencontrés se plaignent justement de cet aspect résidentiel. A l’image de Mehdi*, qui habite à Lorette depuis cinq ans : « Il n’y a pas beaucoup d’activités. On s’ennuie. Et les enfants, on ne sait pas quoi leur faire faire comme activités. » À ses côtés, Jérémy*, installé depuis seize ans dans la commune, approuve, tout en montrant la boulangerie derrière lui : « Avant, il y avait beaucoup plus de commerces ouverts, des cafés, on pouvait discuter. Maintenant on se retrouve sur le pas de la porte quand on va acheter son pain pour voir du monde. »

Dans les rues de Lorette. Photo : E.Roney.

« Il est très démagogue. Il dit ce que les gens veulent entendre »

Mais, scrutin après scrutin, Gérard Tardy conserve son électorat même si – et c’est une première – il a dû en passer par un second tour pour se faire réélire en mars 2026. « On le connaît depuis tellement longtemps, il a beaucoup fait pour la ville, comme la construction de la médiathèque, ou l’ouverture de la baignade », se réjouit au détour d’une rue Servane, 70 ans, qui a toujours habité Lorette. « Le fait que les gens le réélisent après tant de mandats traduit un certain état d’esprit, analyse Julien Lequeux, élu d’opposition (sans étiquette). Je pense qu’une partie est d’accord avec ses positions sur l’immigration. Et puis, il est très démagogue, il dit ce que les gens veulent entendre : “S’il n’y a pas de travail et pas d’argent, c’est la faute de Macron et des étrangers”. »

Sa réélection tient également, selon Julien Lequeux, au manque de mobilisation des jeunes : « Ils nous disent qu’ils veulent du changement, que ce n’est pas possible, mais dans les bureaux de vote, on voit bien davantage de personnes âgées, qui votent en majorité pour Gérard Tardy. » Dans cette partie de l’électorat, ils sont nombreux à « se sentir “redevables” envers le maire et à dire qu’ils ne peuvent pas le trahir », rapporte l’opposant.

Le courrier à l’employeur

À cette habitude de voter Tardy s’ajoute un climat de peur dont Julien Lequeux a fait les frais. En 2020, il s’était présenté sur la liste du maire et avait été élu. Mais au bout de quelques mois, choqué par les méthodes et les propos du chef de l’exécutif, il quitte la majorité. « Gérard Tardy ne l’a pas du tout supporté. Il s’en prenait tout le temps à moi lors des conseils municipaux par la suite, notamment sur des choses privées », raconte le conseiller municipal qui a réuni 9,7 % des voix aux municipales de mars dernier avec sa liste « Libres d’agir pour Lorette ».

Une étape est franchie quand le maire écrit une lettre à l’employeur de Julien Lequeux que Mediacités reproduit ci‐dessous. Il demande à son interlocuteur un rendez‐vous « entre quatre yeux » : « Je ne peux pas vous cacher que depuis le renouvellement des mandats le 15 mars dernier, nous rencontrons de très gros problèmes avec un cadre de La Poste [Julien Lequeux donc] qui ne respecte pas sa signature et les engagements de notre programme sur lequel il a été élu. » À plusieurs reprises, il envoie également la police municipale chez ses opposants, afin de déposer des comptes rendus de conseils municipaux. « C’est clairement de l’intimidation. Mes voisins se demandent à chaque fois ce que la police fait chez moi », pense Julien Lequeux.

Le courrier de Gérard Tardy adressé à l’employeur de son ancien colistier. Montage : Mediacités.

« Il élimine toute personne qui pourrait lui faire concurrence »

Gare à quiconque exprime le moindre désaccord avec le maire ! À l’image de David La Mela, ancien président du club de basket de la commune. En 2019, il poste sur son compte Facebook privé un message dans lequel il déplore que Gérard Tardy n’investisse pas davantage dans le sport. Le message parvient au locataire de la mairie.

« Il m’a dit qu’il ne tolérait pas que j’écrive cela, que si je ne m’excusais pas et que je ne démissionnais pas, il ferait fermer le gymnase », se souvient le coach sportif. Un soir d’entraînement, le premier édile enverra même la police municipale pour empêcher les jeunes basketteurs de rentrer. Finalement, après un rendez‐vous et des explications, les entraînements pourront reprendre.

« C’est quelqu’un de très autoritaire, confirme un connaisseur de la vie politique locale sous le couvert de l’anonymat. Il n’accepte pas la moindre contestation, la moindre voix dissonante. Les décisions sont prises uniquement par lui, et il élimine toute personne qui pourrait lui faire de la concurrence. » Allusion au retrait d’une délégation à l’ancienne première adjointe au maire, Eveline Oriol, aujourd’hui cheffe de file de l’opposition.

Celle qui avait démissionné lors du précédent mandat pour dénoncer la gestion Tardy a contraint le baron local à un second tour lors des dernières élections. Sans parvenir à le déloger : sa liste a finalement recueilli 40,6 % des voix contre 49,7 % pour le sortant. Sollicitée par Mediacités, Eveline Oriol n’a pas souhaité s’exprimer dans le cadre de notre article.

A l’entrée de la mairie de Lorette. Photo : E.Roney.

Un chien et onze chèvres

L’autoritarisme de Gérard Tardy se traduit également dans sa politique sécuritaire. Depuis 1993, le maire de Lorette a fait armer ses policiers municipaux. L’équipe compte aussi un maître‐chien et un malinois. « C’est très tape à l’œil. Cela lui permet de dire aux Lorettois qu’il agit pour la sécurité. Un chien et une arme, c’est visible dans la rue », raille Julien Lequeux. En 2023, une procureure avait même qualifié le maire de « shérif de Lorette ».

C’était lors d’un de ses – nombreux – procès. Cette année‐là, le tribunal de Saint‐Etienne condamne l’élu de la vallée du Gier à 5 000 euros d’amende en première instance pour complicité d’atteinte volontaire à la vie d’un animal (il a interjeté appel). Il avait fait abattre onze chèvres en divagation sur sa commune par les chasseurs du coin, après que la préfecture lui avait refusé le droit de les faire tuer par la police municipale.

En 2024, Gérard Tardy est par ailleurs condamné pour atteinte à l’environnement après avoir siphonné deux rivières de sa commune en pleine période de sécheresse. En première instance en 2023 et en appel en 2024, il a été condamné pour diffamation envers Julien Lequeux. Enfin, plus récemment, en juillet dernier, il a été condamné en première instance pour atteinte aux droits de l’opposition.

Contactée par Mediacités, la préfecture confirme envoyer régulièrement au maire de Lorette des rappels à la loi depuis de nombreuses années. Un comble pour celui qui, depuis trente‐sept ans, est censé appliquer les lois, en tant que représentant de l’Etat dans sa commune.

* Les prénoms suivis d’un astérisque ont été modifié à la demande de l’interlocuteur.

Ce n’était pas faute d’avoir été prévenue : « Vous allez voir, monsieur Tardy peut être compliqué si les questions qu’on lui pose ne lui plaisent pas. » C’est donc sans grande surprise que nous avons reçu de la part du maire de Lorette, dans un premier temps, cette réponse à nos sollicitations pour un entretien : « Je vous accuse bonne réception de votre longue liste de questions. Elles me laissent envisager aisément votre position politique. » Avant d’en recevoir une autre : « Si pour vous éclairer dans vos enquêtes vous avez le flair de rencontrer que mes opposants (sic) vous n’êtes pas une journaliste objective car vous auriez dû vous interpeller sur la confiance que me renouvelle à une très large majorité la population pour me laisser maire depuis 38 ans. »

L’attitude autoritaire de Gérard Tardy nous a semblé alimenter un climat de peur dans la commune. Pour preuve, le fait qu’Eveline Oriol, cheffe de file de l’opposition, n’ait pas souhaité s’exprimer publiquement dans le cadre de notre article, tout comme plusieurs de ses colistiers. Ou encore la demande d’anonymat de la plupart de nos interlocuteurs, croisés à Lorette. « On a peur de la réaction du maire si nos propos ne lui conviennent pas », nous a carrément confié un passant.

Au terme de notre enquête, l’impression qui domine est celle d’une forme de résignation ambiante après près de quarante de règne d’un même homme qui paraît indéboulonnable et ne supporte pas la contradiction. Même ses propos racistes et islamophobes laissent beaucoup de marbre. « Oh, c’est monsieur Tardy, on a l’habitude », a‑t‐on entendu à plusieurs reprises. Certains habitants ne semblaient même pas au courant des dérapages du maire et plus préoccupés par l’affaire des chèvres abattues… « C’est vrai que là, il avait un peu abusé », murmure une Lorettoise.

Cette enquête fait partie du projet « On a déjà essayé ». Sept médias locaux indépendants – Le Poulpe (Normandie), Made In Perpignan, Marsactu (Marseille), Mediacités, Rue89 Bordeaux, Rue89 Lyon et Rue89 Strasbourg – s’unissent pour enquêter sur les municipalités d’extrême droite avant l’élection présidentielle.

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Par Eléna Roney