Pour beaucoup, c’est un « no man’s land », tout juste le nom d’une gare ou d’une sortie d’autoroute. Et pourtant : ici, en bord de Loire, à égale distance de Nantes et d’Angers, se cache une zone privilégiée. Pas un eldorado, non, car les 70 000 habitants n’y sont pas plus riches que chez leurs puissantes voisines. Mais ils connaissent un phénomène largement ignoré des Nantais, Angevins et de nombreux Français : le plein emploi, ou presque. Bienvenue au pays d’Ancenis, territoire qui, depuis plusieurs années, figure régulièrement au palmarès des zones d’emplois les moins touchées par le chômage. Au premier trimestre 2019, il plafonnait ici à 4,9 % de la population active, soit quatre points de moins que la moyenne nationale…              

Évidemment, sur une carte postale, le chiffre reste un peu trop abstrait pour enflammer l’imagination du touriste. Alors entamons ce périple en terre de plein emploi par son cœur - plus ou moins – vibrant : la tranquille bourgade (11 000 habitants) d’Ancenis-Saint-Géréon, son nom depuis la récente fusion des communes d’Ancenis et de Saint-Géréon. Certes, il ne faut pas confondre quantité et qualité. Mais, enfin, la liste des atouts touristiques de la ville est tout de même assez vite achevée : les restes d’un château des Marches de Bretagne, un superbe quai de Loire, un vignoble, des poulets « Label Rouge des Fermes d’Ancenis »... Et bien sûr, le charme des bords de Loire, l’âme de ce pays.

« La France moche, peut-être… mais la France utile, certainement »
Il y a belle lurette, pourtant, que le territoire a tourné le dos aux eaux vertes de son fleuve… pour regarder vers l’autre ruban, bien plus sombre, qui le traverse : l’autoroute. C’est sur ses rives, au Nord de la ville historique, que l’on trouve toutes les entreprises. Les centaines d’entreprises. La mécanique et l’agroalimentaire façonnent le pays d’Ancenis. Manitou, le leader du chariot élévateur, 1512 salariés, 1,8 milliard de chiffre d’affaires (CA) en 2018, et Terrena, une des plus grandes coopératives agro-alimentaires françaises (16 000 salariés, CA de 4,9 milliards d’euros en 2018), sont les deux locomotives du territoire. Mais plus d’une cinquantaine d’autres sociétés anceniennes rayonnent « à l’international ». Parmi elles la fonderie Bouhyer (250 . . .

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