Pas de vagues. A Ancenis, dans l’angle mort de la Loire-Atlantique, entre la voie ferrée et le rond-point, rien n’a changé en apparence. Le siège social de Terrena est toujours là, avec son architecture des années 1960, son entrée monumentale et ce léger parfum d’aliments pour bétail qui s’échappe des entrepôts. Une façade un brin défraîchie derrière laquelle se cache la « première coopérative agroalimentaire de France », le « premier employeur privé du grand Ouest », l’un des maillons incontournables de cet agro-business dont on parle beaucoup mais que l’on croise rarement en vrai. Les chiffres sont éloquents. Terrena, c’est 29 000 agriculteurs adhérents sur 14 départements, du Morbihan jusqu’à la Haute-Vienne ; près de 16 000 salariés répartis sur plus de 700 sites en France ; et des centaines de marques, de services et de produits professionnels ou grand public. Bref, un mastodonte que rien ne semble pouvoir ébranler.                 

Et pourtant ! En ce printemps 2018, voilà que ce temple de l’agro-alimentaire du grand Ouest semble un peu se fissurer. Ces dernières semaines, pour les 10 administrateurs du bureau permanent, la réunion du premier mardi de chaque mois s’est transformée en un rendez-vous hebdomadaire. Les cadres de l’entreprise sont occupés, souvent absents, partis « à Paris ». Le téléphone du service communication passé en mode “indisponible”, il a fallu attendre deux jours avant l’assemblée générale des adhérents, mardi 29 mai, pour voir paraître un communiqué laconique et une interview accordée à Ouest-France. Consigne a même été passée aux administrateurs de « ne pas parler des résultats 2017 » en dehors des réunions de section, réservées aux adhérents. Bref, pendant un temps, Terrena est passée en mode « gestion de crise ».

La faute, nous dit-on, à ce « sacré dossier Doux », « très chronophage ». Depuis mars et l’annonce du dépôt de bilan du volailler breton, deux ans à peine après son rachat, Terrena a en effet dû gérer . . .

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