«Dans ce projet, il y a un problème de personnalisation dont je suis le principal responsable. J’en ai pleinement conscience ». Le caractère aussi trempé qu’entier, Christophe Chabot est capable de s’auto-flageller comme de défoncer ses adversaires. Une certaine propension naturelle à l’agressivité facilitant le passage de l’une à l’autre de ces postures. « Des voyous d’élus prêts à tout pour faire du fric… Voilà comment nous considèrent nos opposants, moi et ceux qui portent cette idée de port. Mon profil d’entrepreneur ayant réussi n’a sans doute pas aidé… Je suis persuadé que si j’avais été un enseignant, par exemple, jamais on ne s’en serait pris à moi et au projet ainsi ». A voir. Une chose est sûre, en revanche : personne ne le saura jamais tant, depuis 2001, l’homme et l’idée de construire un port à Brétignolles-sur-Mer sont intimement liés.         

Celui qui occupe le fauteuil de maire de la petite cité vendéenne depuis 18 ans n’a pourtant rien inventé. Dès 1965 l’un de ses prédécesseurs, Gaston Burgaud, y réfléchit déjà très sérieusement. A l’époque, la plaisance a le vent en poupe, Eric Tabarly vient de remporter la Transat anglaise et des études sont réalisées, comme en attestent certains croquis toujours existants. Mais le grand projet de développement est finalement abandonné. Avant de ressurgir 35 ans plus tard, en 1989. « Quand j’ai été élu cette année-là, j’ai fait relancer une étude de faisabilité. Le cabinet a conclu à l’impossibilité de ce lourd aménagement, jugé dangereux au regard de forts mouvements de sédiments des plages à prévoir », se remémore Olivier d’Audiffret, maire de 1989 à 2001. Un ancien élu résolument opposé au projet actuel, puisque « évidemment, rien n’a changé depuis. »

Rien n’a changé ? Si. Et d’abord le nom et la personnalité du maire. Quand il lui succède à l’hôtel de ville, Christophe Chabot ne l’entend pas du tout de cette oreille et s’amourache du projet. Il en est convaincu : le développement économique de la commune passe par celui du tourisme nautique. A son tour, il fait donc appel à des bureaux d’études pour relancer l’idée de port. Jusqu’à obtenir satisfaction sur les résultats ? C'est ce que soupçonnent certains opposants au projet (lire notre reportage sur la ZAD de Bretignolles), convaincus qu'il a fait traficoté les études, afin qu’elles collent au plus près de son ambition… « Totalement faux et mensonger ! », s’emporte-t-il. « Ce serait ignorer la responsabilité juridique des cabinets d’études, dont l’intérêt ne serait vraiment pas de falsifier les données sous peine de poursuites pénales ».
« Je serais assez con pour mettre . . .

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