Troisième volet de la grande enquête de Mediacités consacrée aux pesticides en Loire-Atlantique. Où l'on observe, une fois encore que les mentalités changent. Alors qu'ils ont longtemps hésité à s'attaquer à un dossier sur lequel « il n'y avait que des coups à recevoir », les élus ruraux commencent à le prendre à bras le corps. Illustration à Massérac, Saffré ou Nort-sur-Erdre, au nord du département, où un combat oppose des maires - pas franchement "écolo-bobo" - aux agriculteurs. L'enjeu : la préservation de la qualité de l'eau potable, polluée par des métabolites, ces résidus de pesticides difficilement détectables.

 
Épisode 3 : le maire, le robinet d'eau et les métabolites
 

Longtemps, le maire de Massérac a été fier de son eau potable. « On nous disait que c’était la plus pure du département », se souvient Fabrice Sanchez. Cheveux gris coupés ras et chemisette à petit pois, le maire a les yeux fatigués, derrière ses lunettes carrées. Sur son bureau, des piles de dossiers. « Excusez le désordre, mon bureau sert aussi pour stocker les archives. La nouvelle mairie, c’est pour 2022. Alors, en attendant… »

En attendant, celui qui occupe également la vice-présidence d'Atlantic'Eau, le syndicat qui gère l'eau potable dans 159 communes du département, reçoit dans la mairie défraîchie de ce petit village de 696 habitants du pays de Guémené-Penfao, à la frontière entre la Loire-Atlantique et l’Ille-et-Vilaine. Pourquoi ? Pour raconter comment il s’est retrouvé à ferrailler avec deux préfets, l’Anses [l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, Ndlr], deux ARS, un collectif anti-pesticide, des fabricants de produits phytosanitaires et la FNSEA.

« En 2016, reprend-il, le SIAEP [Le Syndicat intercommunal d’adduction d’eau potable de Guémené-Penfao regroupait huit communes avant d'être absorbé par Atlantic’Eau, Ndlr] a commencé à chercher les métabolites [les résidus de pesticides, Ndlr. Lire ci-contre] dans l’eau du captage de Massérac. Dès la première analyse, on a trouvé de l’esa-metolachlore, issu du s-metolachlore, un herbicide. »                 

Et pas qu’un peu : au-dessus de la norme du 0,1 ug/L (microgramme par litre). « Je ne pensais pas trouver tout ça, se souvient le maire. J’étais confiant… Il y a vingt ans . . .

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