Régionales en Pays de la Loire : Christelle Morançais dégaine un pacte sécurité… illégal

Destiné à aider les villes à équiper leurs polices municipales et à se doter de caméras de vidéosurveillance, le « pacte régional de sécurité » est devenu un outil de campagne pour la présidente (LR) de la région Pays de la Loire, candidate à sa propre succession. Au regard de la jurisprudence, l’outil semble pourtant illégal. Explications.

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Christelle Morançais (au centre lors de la présentation de sa liste pour les Régionales, à Nantes (A droite Sandra Impériale, maire de Bouguenais. A gauche, Franck Louvrier, maire de La Baule). / Photo : Antony Torzec

Il s’appelait Eric Monroy. Le 6 août 2020, ce brigadier de police manceau de 43 ans est tué alors qu’il tente de maîtriser un chauffard alcoolisé. Six jours plus tard, un hommage national lui est rendu à la préfecture de la Sarthe. La présidente (LR) du conseil régional des Pays de la Loire, Christelle Morançais, est présente. « Les visages dévastés par le malheur de sa femme et de ses trois filles me resteront longtemps en mémoire », écrit celle qui est candidate à sa propre succession dans son livre paru sur son site de campagne, Aimer et Agir. Deux mois plus tard, elle effectue une patrouille de nuit aux côtés de trois policiers du commissariat du Mans.

A en croire la présidente candidate, ce drame a été le déclencheur de sa prise de conscience : la Région se devait d’être aux côtés des communes pour lutter contre l’insécurité. A trois mois des élections régionales, alors qu’elle n’est pas encore candidate, Christelle Morançais lance donc « le pacte régional de sécurité ». Voilà le storytelling raconté aux journalistes et dans son livre de campagne.
Morançais dans la ligne Wauquiez
Nul doute que ce drame vécu au Mans a affecté l’ancienne conseillère municipale de la ville. Mais les enquêtes d’opinion plaçant la sécurité en tête des préoccupations des français ont conduit tout autant – voire plus – à la création de ce « pacte régional de sécurité ». Une création qui . . .

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Temps de lecture : 8 minutes

Par Antony Torzec