«Mon éviction est la marque d’un glissement autocratique. J’ai bien peur qu’Hervé Neau ne reproduise les travers de son prédécesseur Gérard Allard, en se détournant des valeurs démocratiques de Rezé citoyenne ». Non, ce n’est pas un opposant au nouveau maire de Rezé qui parle, mais bien Gilles Ollivier. Celui-là même qui, dix mois durant, a occupé le poste stratégique de directeur de cabinet du maire de la troisième ville de la métropole nantaise (43 000 habitants). Celui-là même qui, avant cela, fut un pilier de Rezé citoyenne, l’association-liste triomphante aux dernières municipales, dont il a co-écrit les statuts et dont il demeure membre. Bref, la cheville ouvrière d’un collectif transformé par la grâce des élections en une municipalité.

Mais voilà… Comme le révélait Mediacités le 8 juillet dernier, à Rezé, l’état de grâce a duré moins d’un an pour Rezé citoyenne. Le 15 avril 2021, Gilles Ollivier était évincé de son poste. À son équipe municipale interloquée, Hervé Neau parle alors d'une décision prise « d’un commun accord », pour des « divergences de vues ». Quelques semaines plus tard, dans son bureau de maire, il persiste, expliquant à Mediacités que « les séparations dans les cabinets sont relativement fréquentes. Il y en a eu deux dans le mandat précédent. C’est un non évènement ». En clair : circulez, il n’y a rien à voir. Sauf que Gilles Ollivier conteste désormais son départ devant le tribunal administratif. Et jette, pour Mediacités, une lumière crue sur la première année du mandat d’Hervé Neau.         

Rupture avec l'ère Allard
« Je persiste à penser que notre projet politique était le bon, que Hervé Neau était le meilleur candidat pour gagner. Mais on a fait des promesses aux citoyens. Pas que sur le programme, sur les valeurs. Est-ce le bon patron ? », s’interroge ainsi l’ancien dir’cab’ de la ville d’Indre (de 2008 à 2014), jamais encarté. Arrivés aux manettes en juillet 2020, les 32 conseillers municipaux de Rezé citoyenne (sur 45), dont trois-quart de novices, ambitionnent alors de « changer les pratiques de gouvernance pour redonner de l’espoir » aux citoyens. « Ce qui m’a donné envie de m’engager c’est la capacité à travailler ensemble alors . . .

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Thibault Dumas
Franco-américain, je suis journaliste professionnel à Nantes depuis plus de dix ans, en radio puis en presse écrite, comme pigiste désormais. Je collabore avec Mediacités, édition nantaise, depuis la préparation de son lancement, en 2017. Je n'ai pas de spécialité en tant que telle mais j'enquête plutôt (seul ou en équipe) sur les montages fiscaux (Waldemar Kita, FC Nantes, Manitou, etc), la politique sous toutes ses formes, le social (Le Confluent, Centrale Nantes, Beaux-Arts de Nantes, etc) et un peu d'écologie (déchets, éoliennes de Nozay, etc). Pour me contacter : thibault.dumas@mediacites.fr.