A l'occasion d'un grand état des lieux de la presse locale réalisé par Mediacités, la rédaction a décidé de recenser toutes les agences locales de presse quotidienne régionale (PQR) qui ont fermé en dix ans. De l’agence du Midi Libre à Perpignan à celle de La République du Centre à Chartres, nous avons compté 108 rédactions locales de PQR qui ont disparu de 2009 à aujourd'hui ! Retrouvez les ci-dessous, dans notre carte interactive.

 

De la même manière que les services publics (hôpitaux, dessertes en train) se dégradent progressivement dans les villes moyennes, l'ampleur de la désertion de ces territoires par la presse locale se révèle particulièrement inquiétante. « Les liens des journalistes locaux avec les territoires s’effilochent, le maillage se desserre, nos travaux de recherche le montrent, expliquait déjà pour Libération Philippe Gestin, maître de conférences à l’université de Rennes et journaliste à l'hebdomadaire Trégor, en janvier dernier. On traite de moins en moins les petits événements de la vie quotidienne, comme la kermesse d’une association. Les gens voient moins le journaliste du coin. Cette figure disparaît de l’imaginaire, elle n’est plus une référence. Et ça marche dans l’autre sens : il y a des personnes qu’on ne touche plus, qu’on ne voit plus. C’est frappant dans la crise des gilets jaunes : sur les ronds-points, il y a plein de gens que je ne connais pas. » Agnès Briançon, déléguée SNJ du Dauphiné libéré, qui a fermé 7 agences locales en dix ans selon l'Insee, renchérit : « Le contact humain est amoindri. On ne fait plus tous les sujets à l'agenda, on doit choisir ». 

L'hémorragie est moins flagrante en presse hebdomadaire régionale, même si nous avons tout de même recensé 19 fermetures d'agences locales et 9 fermetures de journaux.

 

 

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