Une politique des toilettes publiques, ça urge !

Des sans-abri aux touristes en passant par les personnes atteintes de maladies chroniques, des centaines de milliers d’usagers poussent chaque année les portes des toilettes publiques dans nos métropoles. Pourtant les collectivités locales sont très inégalement dotées et ont encore du mal à prendre le sujet au sérieux.

toilettes
Dans les métropoles françaises, les toilettes publiques accueillent plusieurs millions d’usagers par an. Illustration : Jean-Paul Van der Elst

Où trouver des toilettes quand le monde se claquemure ? Les confinements successifs sont venus rappeler ce que tous les sans-abri ne savent que trop bien : dans nos métropoles, exercer « son droit à l’assainissement » - son petit nom juridique – n’est jamais acquis. En avril dernier, en pleine première vague de Covid-19, les services de l’Etat ont ainsi obligé le groupe JC Decaux à rouvrir plusieurs sanisettes publiques dans les villes de Lyon, Toulouse ou Marseille. Motif : leur fermeture, décidée en urgence face à la pandémie, portait « une atteinte manifeste à la salubrité publique et à la santé des personnes sans domicile fixe ». Le géant du mobilier urbain a dû rouvrir une dizaine de lieux dans chaque agglomération.

Une petite affaire ? Pas si sûr. Traité souvent avec légèreté, ignorance ou mépris, le problème ne se pose pas seulement pour les personnes à la rue, loin de là. « La question des toilettes publiques est prise à la rigolade, alors qu’elle peut concerner tout le monde, le chauffeur de taxi, le touriste, les personnes âgées, les enfants… », estime Julien Damon, sociologue professeur associé à Sciences Po, qui travaille sur le « droit de pisser » depuis vingt ans.

« Nos toilettes sont les monuments les plus visités de Lyon »

Oubliez le cliché des toilettes perpétuellement désertées. « Selon leur localisation, nos sanisettes sont utilisées entre 60 et 200 fois par jour », estime Albert Asséraf, directeur général stratégie et nouveaux usages chez JCDecaux. « Nos toilettes publiques accueillent 3,5 millions de visiteurs par an. Ce sont, quelque part, les monuments les plus visités de Lyon, juste avant le Parc de la Tête d’Or », s’amusait, en 2018, l’ex-adjoint aux espaces verts Alain Giordano devant les élus.
Maladie de Crohn : 250 000 personnes
En dépit de cette fréquentation, les politiques menées dans ce domaine sont peu débattues, déplore l’architecte et urbaniste Chantal Deckmyn, qui vient de publier l’ouvrage « Lire la ville », présentée comme un « manuel pour une hospitalité de l’espace public » (La Découverte, 2020). « Les toilettes font l’objet d’un tabou. Alors que trouver des sanitaires, comme brancher son smartphone, c’est vital . . .

Découvrez Mediacités gratuitement pendant 48h

Profitez de deux jours pour lire cet article et parcourir tous nos autres contenus :

En renseignant votre adresse e-mail, vous acceptez nos conditions générales d’utilisation.
Mediacités s’engage à ne pas céder votre adresse e-mail à des tiers. En cas d'échec, écrivez à contact@mediacites.fr

  • Accédez aux 4 éditions de Mediacités gratuitement (Lille, Lyon, Nantes et Toulouse) pendant 48 heures
  • Découvrez un média 100% indépendant et sans aucune publicité

Notre survie dépend de vous

Un journalisme local indépendant, sans publicité, avec chaque semaine des enquêtes introuvables ailleurs : voilà ce que vous propose Mediacités. En vous abonnant aujourd’hui, vous pouvez faire la différence.
Je m’abonne

  • Accès aux 4 éditions de Mediacités (Lille, Lyon, Nantes et Toulouse)
  • 100 % indépendant, avec 0 % de publicité
  • Résiliation facile à tout moment

Publié le

Modifié le

Temps de lecture : 8 minutes

Par Mathieu Périsse