Le Mipih, un géant de l’informatique hospitalière qui vacille

Basée à Toulouse, cette entreprise publique spécialisée dans la construction des systèmes informatiques des hôpitaux voit sa direction accusée de plusieurs dérives : confusion entre intérêts publics et privés, « plainte pour corruption active » et « trafic d'influence passif »... « Une cabale », répond celle-ci.

A Toulouse, les bâtiments du Mipih sont situés dans le secteur de Basso Cambo.
A Toulouse, les bâtiments du Mipih sont situés dans le secteur de Basso Cambo. Photo : Jean-Christophe Magnenet.

Peu de Toulousains le connaissent, mais nombre d’entre eux utilisent ses services. Le Mipih (pour Midi Picardie Informatique Hospitalière) diffuse ses logiciels de gestion auprès de centaines d’établissements de santé de France. Le CHU toulousain est l’un des fondateurs de ce groupement d’intérêt public (GIP), créé en 1994 dans la Ville rose. « Dès que quelqu’un entre à l’hôpital de Toulouse et présente sa carte vitale, les logiciels du Mipih entrent en jeu », illustre son directeur général Pierre Maggioni. Les hôpitaux ont développé ce type de groupement pour externaliser les activités informatiques qui n’étaient pas leur cœur de métier : édition de logiciels de gestion, hébergement de données de santé dans des datacenter…

Depuis sa fusion, en 2008 avec le Syndicat inter-hospitalier de Picardie (SIHPIC), le Mipih a pris une envergure nationale et revendique une place de leader sur son marché. « Notre groupement compte 530 adhérents, 580 collaborateurs, réalise un chiffre d’affaires de 72 millions d’euros, et édite chaque mois 320 000 feuilles de paie pour le personnel d’établissements de santé », énumère Pierre Maggioni. Arrivé en 1997 à la tête de la structure, le dirigeant se fait fort d’avoir su développer ce groupement avec brio.

« Sonnette d’alarme »

Cette réussite pourrait-elle cacher des zones d’ombres ? En interne, le son de cloche n’est pas partout le même. « La gestion économique est déplorable », dénonce René Speranza. Ce délégué syndical Force ouvrière (FO) au sein du Mipih et secrétaire . . .

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Temps de lecture : 6 minutes

Par Jean-Christophe Magnenet