La Cartoucherie, utopies et déceptions derrière la vitrine verte

Avec la Cartoucherie, Toulouse Métropole se targue de réaliser l'écoquartier abritant le plus grand habitat participatif de France. Mais la vie des premiers habitants n’est pas toujours à la hauteur de l’affichage marketing.

cartoucherie toulouse
Cartoucherie de Toulouse. Illustration Jean-Paul Van der Elst

Bâtir un écoquartier sur un ancien terrain militaire, exploité jusqu’en 2006 par les usines du groupe d’armement GIAT-Industries appartenant à l’État, après avoir accueilli pendant deux siècles la fabrication de munitions, cela tenait de la gageure. Pourtant, dès le rachat du terrain de 33 hectares, situé rive gauche entre l’avenue de Grande-Bretagne, la Voie du Toec et l’avenue Raymond Badiou, la mairie oriente ainsi la reconversion du site, portée par l’aménageur métropolitain Oppidea. En décrochant le label EcoQuartier fin 2017, la Cartoucherie devient « un projet d’aménagement urbain qui respecte les principes du développement durable tout en s’adaptant aux caractéristiques de son territoire ». Qu’importe si la fin de la deuxième tranche ne se termine qu'en 2021, avec la livraison du projet Nexity et de l’hôtel économique en ossature bois d’Icade, s’il reste une troisième tranche, et si seulement 1000 habitants sont arrivés.

Avec à terme 3500 logements, la Cartoucherie innovera par la mixité de son habitat (35% de logements sociaux et 25% en accession aidée à la propriété) et ses caractéristiques écologiques : trames verte et bleue, chaleur issue de l’incinérateur de déchets du Mirail, récupération de l’eau de pluie pour les espaces verts, valorisation des transports doux… 78000 mètres carrés de bureaux ainsi que 7000 mètres carrés de commerces sont . . .

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Temps de lecture : 5 minutes

Par Armelle Parion