Sur la table du salon traînent un exemplaire de Témoignage Chrétien et un autre de Golias. Deux journaux marqueurs de ce que l'on a longtemps appelé la « gauche catho ». Figure de ce milieu à Toulouse où elle a créé la maison des chômeurs dans les années 80, Annie Dreuille, aujourd'hui retraitée et qui a voté Benoît Hamon en 2017, fait la moue : « Cathos de gauche ? Ça n'a plus trop de sens aujourd'hui... Elle est où la gauche ? »

Bonne question. Beaucoup se la posent en ce moment. Et l’Église, elle est où ? Deux mois après la publication, le 5 octobre dernier, du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase) en France, présidée par Jean-Marc Sauvé, l'institution catholique apparaît plus fragilisée que jamais. « Avec ce rapport, elle est totalement discréditée pour intervenir dans le débat public », considère Annie. De longue date, elle a pris ses distances : plutôt que la messe du dimanche matin, elle pratique l'« eucharistie domestique » (c'est à dire en petit groupe, avec un prêtre à la maison) ; elle ne donne plus rien au denier du culte (« et je ne suis pas la seule à avoir fermé le robinet », assure-t-elle) ; et elle tient un discours résolument offensif pour fustiger cette « Église qui ne doit pas être une puissance dominatrice, en surplomb, ce qui n'est pas sa place ».

En 2019, Annie Dreuil a signé « l'appel des sept pour faire du neuf ». Ce texte, initié par des « catholiques de base . . .

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