Périscolaire toulousain : malgré les violences, la mairie ne renforce pas les équipes

Après l'affaire de violences sexuelles de l'école Bénézet, la mairie de Toulouse a présenté des mesures de prévention et un plan de formation. Mais elle n'annonce ni recrutements ni revalorisation des conditions de travail. Sur le terrain, animateurs, directeurs et syndicalistes décrivent des équipes en sous-effectif, des contrats précaires et un taux d'encadrement régulièrement sous le seuil légal.

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Le périscolaire manque de moyens humains à Toulouse, surtout depuis la baisse du taux d'encadrement en 2021. Photo A.P

En septembre, Céline Igounet n’a pas renouvelé son contrat de directrice contractuelle au Centre de loisirs associé à l’école (Claé) maternel Paul Bert, dans le quartier Saint‐Simon. Après une expérience d’à peine quelques mois, elle a préféré rejoindre une structure associative de l’agglomération.

« Les conditions n’étaient pas remplies pour pouvoir accueillir les enfants en sécurité. Surtout le mercredi, quand on passe en mode garderie et qu’on n’est même plus soumis au taux d’encadrement d’un agent pour quatorze enfants », dénonce cette professionnelle expérimentée dans le secteur de l’animation. « Quand on a vingt ou trente gamins, avec des animateurs très fragiles qu’on ne forme pas, c’est compliqué. Cela crée du stress, c’est éprouvant physiquement, et ça met à mal mes valeurs. J’ai fait des structures bancales, mais la mairie de Toulouse, c’est la pire », assure l’ancienne directrice. 

Le 28 mai, Céline Igounet est sortie de son droit de réserve, en rédigeant un courrier à l’attention des parents de l’école Bénézet, touchée par une affaire de violences sexuelles. Dans le document que s’est procuré Mediacités, elle remet en cause plusieurs affirmations de la directrice du Claé de cet établissement, qui a souhaité rassurer les parents lors d’une réunion au printemps dernier.

Selon elle, il n’est pas vrai que les responsables de secteur et de territoire passent régulièrement dans les structures. De plus, les directrices et directeurs de Claé seraient rarement sur le terrain avec leurs agents. « Dans la majorité des situations, la direction choisit de quitter le terrain pour assurer l’accueil des familles entre 16h30 et 18h30, ce qui réduit encore davantage la possibilité d’un contrôle direct et continu de l’ensemble des pratiques », poursuit‐elle.

Un constat que plusieurs de nos interlocuteurs partagent, mais que la mairie, interrogée par nos soins, dément. « Un directeur ou une directrice de Claé n’a pas uniquement des missions d’accueil des parents. C’est le rôle des encadrants de contrôler l’application des règles, et elles sont très claires ». La municipalité rétorque que « contrairement à vos informations, ils sont en lien étroit avec leur responsable de secteur ».
Un manque criant de moyens
Le témoignage de cette ancienne directrice illustre le manque criant de moyens dans le périscolaire toulousain. Tous les interlocuteurs avec lesquels nous nous sommes entretenus pointent les mauvaises conditions dans lesquelles exercent les agents des Claé toulousains. Une précarité, qui crée un terrain propice à l’apparition de violences, selon ces professionnels.

« Ce sont les conditions de travail qui entraînent les maltraitances, explique sans détours Sabrina*, une agente territoriale spécialisé des écoles maternelles (Atsem). Il y a obligatoirement des violences au quotidien. Je vois des collègues en pleurs régulièrement. Nous avons 58 ans de moyenne d’âge, on travaille 41 heures par semaine, 8h45 par jour. On ne peut pas exercer correctement nos missions ».

https://www.mediacites.fr/decryptage/toulouse/2024/12/02/a‑toulouse-les-syndicats-denoncent-la-reorganisation-du-temps-de-travail-des-atsem/

Cette agente pointe aussi le manque d’Atsem sur le terrain, en raison des « arrêts de travail, des mi‐temps thérapeutiques, des absences et des attentes de repositionnement ». « Je dis aux parents : inquiétez‐vous de ce qui se passe, demandez des comptes, car on ne travaille pas dans des conditions optimales », insiste la professionnelle.

Selon une déléguée syndicale interrogée par Mediacités, pour treize postes d’Atsem ouverts l’an dernier par la mairie, il n’y aurait eu que sept candidats. « Sur le papier, la mairie finance autant de postes d’Astem que de classes de maternelle
770 personnels permanents
Selon les chiffres obtenus par Mediacités, la mairie emploie 607 Atsem pour les Claé maternels, 450 animatrices et …

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Par Armelle Parion