Depuis 2022, le tribunal judiciaire de Lille s’est doté d’un dispositif dédié pour lutter contre les violences conjugales et intrafamiliales. Il est baptisée CAP, pour “centre d’accueil et de prévention des auteurs de violences”. Et comme l’a récemment décrit Mediacités, il obtient des résultats très prometteurs.
Une étude menée sur 1 130 personnes accompagnées a démontré que seules 12 % (133 personnes) ont récidivé tous faits confondus, et 55 personnes (5 %) pour des faits de violences conjugales et de violences intrafamiliales (4,86 %). Le taux national de récidive atteint lui 29%. Mediacités a voulu en échanger avec Samuel Finielz, procureur de Lille depuis octobre 2025, après notamment passé par l’Alsace et le Var.
Mediacités : Que vous inspirent ces résultats ? Ce centre d’accompagnement des hommes violents est‐il un outil pertinent ?
Samuel Finielz : Ces résultats confirment l’utilité de ce type de dispositif. Lutter contre les violences conjugales nécessite d’aborder, dans le même temps, des questions d’addiction, de rapport au couple et au sexe, de tolérance à la frustration… Et on le voit, le suivi pluridisciplinaire mis en place par le CAP permet d’adresser l’ensemble de ces sujets.
Au vu des résultats, on peut se demander si un accompagnement par le CAP ne pourrait pas constituer une peine alternative à l’incarcération. Ça questionne également sur l’opportunité de créer des CAP pour d’autres matières que les violences conjugales. Je pense aux violences sexuelles sur mineurs.
Le CAP met à profit la période de placement sous contrôle judiciaire, entre la garde à vue et le jugement, pour permettre aux auteurs une introspection. Croyez‐vous qu’il faille syst …