L’eau, un « bien commun » en danger dans les Hauts-de-France

Le Ceser en appelle à une politique ambitieuse de reconquête de l’eau dans les Hauts-de-France alors que des fragilités inquiétantes s'intensifient.

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Dans les Hauts-de-France 62 % des prélèvements réalisés sur les nappes phréatiques correspondent aux besoins en eau potable. Photo Luis Tosta on Unsplash

«Dans les Hauts-de-France, l’eau est en danger. » Cette alerte a traversé tous les échanges du grand colloque consacré à la gestion de l’eau organisé par le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser), qui s’est tenu le 8 novembre dernier à Lille. Cette instance consultative, qui réunit des représentants de la société civile, a pour mission d’éclairer les politiques publiques. Et c’est peu dire qu’elle a joué son rôle en dessinant « une grande politique de l’eau pour les Hauts-de-France ». Un sujet crucial qui, bizarrement, ne s’appuyait jusqu’alors sur aucun document officiel exhaustif depuis la création de la nouvelle région en 2016.

La première démarche fut donc de dresser un état des lieux et de pointer les fragilités propres à la région. Car si la France bénéficie encore d’une belle pluviométrie et d’une grande capacité de stockage de l’eau dans ses nappes phréatiques, ce n’est plus le cas dans les Hauts-de-France. Les ressources en eau y sont en effet plus fragiles qu’ailleurs et le réchauffement climatique n’arrange rien. Les pluies d’hiver ne baissent pas en volume mais elles sont plus irrégulières et intenses. D’où un fort ruissellement qui empêche la recharge complète des nappes phréatiques régionales. Les pluies d’été, elles, sont devenues insuffisantes pour la recharge. Or – et c’est une singularité des Hauts-de-France – 95 % de la consommation en eau est puisée dans les eaux souterraines.

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Publié le

Temps de lecture : 4 minutes

Par Jacques Trentesaux