« Il n’y a pas de paradis fiscal dans l’UE, mais sans aucun doute des pays qui encouragent à l’excès l’optimisation fiscale. » La phrase est signée Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et financières, et lointain ministre socialiste de François Hollande. Pas de paradis fiscal en Europe ? A Mediacités, on aurait volontiers ri de cette affirmation, assénée en début de semaine sur Twitter, si le sujet n’était pas aussi grave.

https://twitter.com/Mat_Marty/status/1110814767575375872

Depuis bientôt deux ans nous enquêtons sur l’exil fiscal. Cette semaine encore, nous révélons l’existence d’une discrète société d’investissement du groupe lyonnais Mérieux domiciliée au Luxembourg. Un paradis fiscal au cœur de l’Europe, n’en déplaise à Pierre Moscovici. Nous avions auparavant épinglé Auchan ou l’assureur April, adeptes des douceurs fiscales de Malte, le propriétaire du FC Nantes et sa lucrative holding belge ou encore le géant laitier Lactalis et sa banque secrète au Luxembourg. L’association Oxfam, référence sur le sujet, classe cinq états de l’UE sur sa liste noire des paradis fiscaux (le Luxembourg et Malte donc, mais aussi Chypre, l’Irlande et les Pays-Bas).

https://twitter.com/Hesyrus/status/1010079328523218944

Matière ardue, l’investigation sur l’exil fiscal, et plus généralement sur les flux financiers internationaux, est indispensable. Mieux, c’est une question de salubrité publique. Comme nous l’écrivions dans notre enquête sur « Ces Lyonnais qui jouent avec le fisc », l’évasion fiscale coûterait chaque année entre 60 et 80 milliards d’euros à la France. Soit les budgets réunis de l’Education nationale et de la Santé.