Voilà exactement dix ans, la Commission européenne adoptait la directive Inspire qui impose aux collectivités locales de collecter et de mettre à disposition du public certaines de leurs données géographiques et environnementales. Ce premier pas vers l’open data, bientôt suivi par d’autres textes législatifs, a conduit à la création de portails web. Sur ces derniers, citoyens, entreprises et développeurs d’applications peuvent accéder à des informations (du cadastre à la localisation des arrêts de bus jusqu'au nombre de bouleaux dans les parcs ou aux menus de cantines, tout y passe!) auparavant jalousement gardées par ces institutions. Mais toutes n’ont pas fait les mêmes efforts de transparence. Revue de détail avec Françoise Paquienséguy, professeure à Sciences-Po Lyon et spécialiste des usages des technologies de l'information et de la communication.

Quand on se penche sur les portails open data des grandes métropoles françaises, les différences sautent aux yeux. Certaines mettent à disposition un grand nombre de données, d’autres très peu. Certaines se sont lancées très tôt, d’autres très tard (Rennes ouvre son portail en 2010 ; Lille en 2016 seulement). Pourquoi de telles différences ?

D’abord pour une question de culture. Il faut se souvenir que jusqu’au milieu des années 2000, les villes ne se préoccupent pas réellement de leurs données. La plupart du temps, on se contente de les archiver et d’en extraire quelques unes pour produire des statistiques ou pour répondre à des besoins ponctuels et précis. Mais le plus souvent, cela s’arrête là. Le temps réel, les croisements de fichier, les applications… tout ça a longtemps eu un petit . . .

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Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.