Lille, une agglomération toujours plus inégalitaire

Une mutation en trompe-l'œil. Le constat, dressé par neuf universitaires lillois dans une Sociologie de Lille tranche avec le discours dominant. Entretien avec Cécile Vignal et Fabien Eloire. Et réaction de Gérard Caudron, maire de Villeneuve d'Ascq.

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« Lille est aujourd’hui l’agglomération (hors région parisienne) où les contrastes sociaux sont les plus marqués. » Photo: Creative Commons/Steff – Rue Faidherbe – Braderie de Lille 2005.

L'agglomération lilloise a beaucoup changé ces trente dernières années. À quoi ressemble-t-elle aujourd'hui ?

Cécile Vignal : L'image véhiculée par les pouvoirs publics est celle d'une métropole créative, innovante, tertiaire, prenant un nouvel élan après une crise industrielle terrible. Au risque de passer pour des trouble-fête, nous montrons une réalité différente. Lille est aujourd'hui l'agglomération (hors région parisienne) où les contrastes sociaux sont les plus marqués. Le taux de pauvreté est très élevé dans certains quartiers (45 % des Roubaisiens vivent en dessous du seuil de pauvreté) tandis que le nombre de contribuables assujettis à l'impôt sur la fortune atteint des records dans d'autres (à Croix, Marcq-en-Barœul et Bondues). Les différences sociales sautent aux yeux sur des distances très courtes, du Vieux-Lille à Moulins par exemple. Les classes moyennes supérieures, les étudiants et les jeunes actifs sont de plus en plus nombreux mais six quartiers lillois sur dix font partie des « quartiers prioritaires » de la politique de la ville. Les classes populaires n'ont pas disparu avec les usines. Au contraire, les inégalités se sont accentuées.

Le géographe Christophe Guilluy oppose la « France p . . .

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Publié le

Temps de lecture : 5 minutes

Par Sylvain Marcelli