Son accession à la présidence d’une région de quatre millions d’habitants, le Nord-Pas-de-Calais, aura surpris toute la classe politique, de gauche comme de droite. C’était, en 1992, le tout premier mandat de cette enseignante et militante écologiste, sur une terre socialiste où les relations avec les caciques du PS n’auront jamais été faciles. Une histoire que Marie-Christine Blandin, sénatrice écologiste du Nord de 2001 à 2017, retrace dans un ouvrage très personnel, La Restitution (Editions La Nage de l’Ours, 448 pages, 23 €).

Depuis la Charente-Maritime où elle vit désormais, retirée des affaires publiques mais toujours attentive à leur cours, la Roubaisienne livre ses vérités et révèle les coulisses du fonctionnement des institutions, à la Région et au Sénat. Loin de céder à la fatalité, cette ancienne prof de sciences en collège entend démontrer que la politique est à la portée de tous.

En 1992 vous êtes élue à la présidence du conseil régional, un consensus étant trouvé autour de votre personne. Mais vous réalisez très vite que ce consensus ne tiendra pas…

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Marie-Christine Blandin. Photo : Jean-Luc Cornu

Ce n’était pas un consensus, plutôt une solution arithmétique qu’imagine alors Daniel Percheron, le leader de la fédération socialiste du Pas-de-Calais. Son but profond, c’était d’empêcher la droite d’avoir le pouvoir. Et il ne trouve pas d’autre solution que celle-ci, qui lui permet en plus d’évincer son collègue Michel Delebarre, qui est un socialiste du Nord. Les deux fédérations, celle du Nord et celle du Pas-de-Calais, se livrent une vraie concurrence. Percheron est assez machiavélique, il se dit : « Je vais mettre Les Verts là et on va bien voir ; de toute façon, ils n’ont pas la carrure, ils ne peuvent pas tenir une région ». Au début de ma présidence, il a même dit à mon chauffeur : « Elle habite loin, je sais, mais ça ne va pas durer – d’ici une dizaine de jours elle va nous faire une crise de nerfs et d’ici là on aura trouvé une autre solution ».

Vous décrivez un monde particulièrement dur. Qu’est-ce qui, avec le recul, vous aura posé le plus de difficultés dans l’exercice du pouvoir au conseil régional ?

Mon souci de démocratie, qui faisait que j’étais transparente, que je partageais le pouvoir, que je laissais la parole à tous dans un univers de personnes hostiles, politiciennes, qui avaient envie d’exister comme des orateurs en me provoquant, en effectuant des interruptions de séance, etc. Ce qui donnait des réunions interminables - et c’est vrai que les médias ont l’habitude d’autres fonctionnements des institutions. Ils ne se gênaient pas pour titrer : « Y a-t-il un pilote dans la salle ? », « La déroute », « Le Chaos »... en oubliant les choses constructives qu’on arrivait quand même à faire voter.

Donc pour vous, le plus grand obstacle, c’était les individualités fortes et les egos ?

C’est la rancune de ceux qui avaient raté à un cheveu le pouvoir. Leur seul moyen d’exister, c’était de faire du bruit. Nous n’étions pas face à une assemblée constructive, ce n’était pas facile. Au long des six ans du mandat, tout cela s’est progressivement apaisé. J’ai gagné un peu de leur estime, ils ont trouvé une part de ce pouvoir que je souhaitais partager avec eux. Mais cette absence de majorité aura entraîné une forme d’inertie absolument terrible au début.

Quel est le pire souvenir que vous gardez de cette période ?

Il y en a beaucoup… J’ai un très mauvais souvenir d’une plénière qui se déroulait à Arras sur la biodiversité. Ce mot était alors inconnu en politique; il était réservé aux gens du museum ou aux amis des oiseaux. J’ai vu tous ces messieurs considérer qu’on leur faisait perdre leur temps dans une région où il y avait du chômage, où il y avait des attentes en matière d’action économique ou de transport. Dix-huit ans plus tard, quand j’ai mené le Grenelle de l’environnement, secteur biodiversité, j’ai piloté quelques réunions décentralisées, dont celle d’Arras. J’ai retrouvé mes élus qui demandaient la parole et parlaient de l’intérêt de la biodiversité, des écosystèmes. C’était hallucinant mais ça m’a quand même fait plaisir !

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Avec François Mitterrand et Pierre Mauroy, lors de l'inauguration de la ligne TGV Nord, en mai 1993. Photo : Jean-Luc Cornu

Pensez-vous avoir eu raison trop tôt ?

C’est ce que me disait l’un de mes amis, ancien journaliste en région Nord-Pas-de-Calais. Il suggérait même cette formule pour le titre du livre, mais j’ai trouvé que c'était trop prétentieux. D’abord ce n’est pas l’histoire d’une personne mais une histoire collective. Avec les gens du cabinet, on était une famille : deux heures de prise de tête tous les matins face à l’adversité ou pour inventer des choses nouvelles - les premiers corridors biologiques en France, par exemple -, ça crée des liens forts. La trame verte, la trame bleue... Aujourd'hui, tout le monde sait ce que c’est. A cette époque-là, les gens ne le savaient pas. Il fallait faire preuve d’énormément de pédagogie pour expliquer que les papillons, les insectes ou les grenouilles ont besoin de circulation pour se rencontrer et que l’espèce ne disparaisse pas. Cette aventure collective foisonnait de bonnes idées qui ont gagné l’esprit de tous les Français. De là à dire que nous avons eu raison trop tôt, non… Disons qu'on allait dans le bon sens. L’urgence écologique et climatique actuelle prouve qu’on aurait dû nous écouter. On aurait gagné beaucoup de temps !

Quelles sont vos plus grandes réalisations à la tête de ce conseil régional ?

Il y a eu des victoires fonctionnelles : la transparence, le partage du pouvoir, les politiques d’évaluation. C’est du sérieux, l’évaluation : il s'agit d'obliger les élus à dire en amont quels buts ils poursuivent et quels chemins ils comptent prendre pour y arriver. Si vous demandez à un vice-président ce qu’il fait pour le sport, il va vous dire: "Ma politique, c’est de construire des salles de sport". Ça c’est une erreur. Il faut qu’il nous dise : "Je veux la paix dans les quartiers" ; "Je veux des jeunes en pleine forme" ; ou "Je veux des jeunes médaillés pour ma région". Là on a un panel de buts. Si l’objectif c’est "Je veux faire travailler le BTP", on regardera si les entreprises qui ont travaillé sont de la région, si elles ont fait du HQE [haute qualité environnementale, ndlr], etc. C’est ça l’évaluation, c’est important.

Sur des faits, je pense qu’avoir désamianté tous les lycées du Nord-Pas-de-Calais quatre ans avant l’interdiction de l’amiante et inventé les protocoles manuels et professionnels de désamiantage sans mettre en péril les ouvriers, c’était une énorme avancée. Une autre avancée significative a été que, durant mon mandat, le budget de la route - qui représentait 80% des transports - a été supplanté par celui dédié aux transports en commun, en particulier le rail. Nous avons aussi été la seule région à prendre la responsabilité officielle de la gestion du TER.

Les sujets que vous avez défendus n'ont pas été porteurs électoralement puisque vous n’avez pas été réélue. Aux régionales de mars 1998, la liste verte réalise que 8,76 %...

La claque prise a plusieurs causes : notre manque de communication mais aussi le culte de l’homme providentiel qui allait revenir. On est dans une région rouge et rose. Tout le monde s’attendait à ce que Delebarre préside la région – il s’est appuyé là-dessus d’ailleurs, c’était le retour du père, en quelque sorte. Et puis il y a eu des mauvais coups. Pierre Mauroy avait fomenté deux petites listes. Une liste Bonduelle - comme quoi la droite et la gauche savent très bien s’entendre quand c’est nécessaire - et une liste pour la promotion des femmes en politique. Et cela dans le Nord, le seul endroit de France où une femme présidait une région ! Ce n’était pas un cadeau… Nous avions annoncé que si nous obtenions 10 %, nous nous maintiendrions. Et nous ne les avons pas obtenus.

On découvre dans ce livre une anecdote tristement révélatrice : à cause du stress et de la pression, vous vomissez discrètement tous les matins avant de prendre votre poste. On se demande comment vous avez fait pour tenir six ans dans ces conditions…

Ce n’était pas agréable du tout, c’est certain. En même temps, ce n’était pas moi qui étais directement atteinte. Moi, je suis une prof, une écolo de terrain, une maman. Tous les matins, j’enfilais un costume de présidente de région et je faisais mon boulot au maximum. Mais si tout s’arrêtait, ma vie n’était pas ruinée, au contraire.

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Lors d'une manifestation avec le scientifique naturaliste Théodore Monod. Photo : Jean-Luc Cornu

Pour durer, dans l’exercice de telles fonctions, est-on obligé d’être un professionnel de la politique ?

Non. Parce que le fait de ne pas être un professionnel de la politique donne beaucoup de sang froid et de distance, alors que la rage de ces messieurs comme [Jacques] Legendre, [Jean-Louis] Borloo ou [Michel] Delebarre, est complètement liée au fait qu’eux s’identifient à une carrière politique qui se franchit échelon par échelon. Ne pas accéder à un mandat, pour eux, c’est un échec personnel qui les affecte profondément.

En 2013, Michel Delebarre avait encore 26 mandats…

Oui, c’est énorme, incroyable ! Et il a été méchant pendant la campagne, parce qu’il savait que les journalistes me questionnaient sur le non-cumul. Sur un plateau télé, il a dit : « Si elle ne sait pas faire deux choses à la fois, elle n’a qu’à retourner à son repassage ! »

Comment jugez-vous votre ancien parti, EELV, aujourd’hui ?

Il va mieux ! Je l’ai quitté en 2014 parce qu’il y avait des gens qui consacraient plus d’énergie à leur ambition personnelle qu’au fond. Alors que sur le terrain, il y a plein de personnes extraordinaires qui gèrent des AMAP, des entreprises d’insertion, qui développent des programmes de maraîchage superbes. Simultanément, au sommet, nous avions des politiciens arrivistes qui étalaient sur la place publique leurs rivalités. Maintenant qu’ils ne sont plus là, le parti va mieux.

Les Ch’tis, réveillez-vous ! Vous n’êtes pas le terrain de bataille de Xavier Bertrand, Marine Le Pen ou Macron

Comment trouvez-vous Karima Delli et sa campagne jusqu’ici ? Quelles sont ses chances ? Et celles de l’union de la gauche ?

Karima est une optimiste et elle est courageuse : ce sont déjà deux sérieux atouts ! Mais elle affronte le Front national et Xavier Bertrand, qui sont des poids lourds. Je suis déçue que certains journaux soulignent sans cesse le déficit de notoriété de Karima : ils n’ont qu’à aller l’interviewer et la faire connaître ! Qu’elle parvienne à convaincre tous les partis de gauche qu’il fallait se mettre ensemble, c’est quand même exceptionnel. Que ces messieurs acceptent de se ranger derrière elle, ça aussi, c’est exceptionnel. Mais c’est pareil qu’en 1992 : pour que ça marche, il faut qu’ils soient loyaux et qu’ils rament tous dans le même sens avec la même énergie. Parce que ce n’est pas gagné.

Comment jugez-vous l’action de Xavier Bertrand à la tête de la région ?

Au lieu d’être stratège pour sa région, il a joué notre bon maître pendant tout le mandat – quelques voitures à louer pour les chômeurs, une petite prime pour ceci ou cela, avec des critères qui font que très peu de personnes peuvent en profiter. Ce n’est pas son boulot ! Ce n’est pas l’assistance sociale ! Et d’ailleurs, il n’arrive pas à assister les gens… Il devrait développer de nouveaux secteurs économiques pour la région. Je trouve qu’il n’a pas fait son boulot. Le pire, c’est qu’il se sert des gens des Hauts-de-France comme paillasson, comme marchepied pour aller vers la présidentielle et qu'il ne s’en cache même pas. Ce n’est pas ça, être président de région. C’est y mettre tout son cœur. Les Ch’tis, réveillez-vous ! Vous n’êtes pas le terrain de bataille de Xavier Bertrand, Marine Le Pen ou Macron, de gens qui s’affrontent pour leur avenir personnel.

Inauguration du Centre National des Archives du Monde du Travail. Roubaix. 5 octobre 1993
Discours de Marie-Christine Blandin lors de l'inauguration du Centre national des archives du monde du travail, avec Jacques Toubon, ministre de la Culture et André Diligent, sénateur-maire de Roubaix, le 5 octobre 1993. Photo : Jean-Luc Cornu

Et quel est son bilan sur le plan de l’écologie, selon vous ?

Il a un bilan catastrophique, le malheureux ! Il a joué un coup politicien : pour avoir des voix, il a passé la main dans le dos des chasseurs, et ça a été très loin parce qu’il leur a confié le pilotage de la commission de l’environnement. Et comme ces gens-là sont assez vengeurs, ils ont supprimé les subventions de tas d’associations environnementales. Ce qui a entraîné des suppressions d’emplois. Je crois que les habitants des Hauts-de-France n’ont pas assez su que ces suppressions visaient les postes des animateurs qui entretenaient des espaces verts, qui accueillaient des écoles pour leur expliquer la différence entre une bergeronnette et un pinson, etc. Ça a été une forme de napalm pour l’environnement – une vraie catastrophe.

Vous avez quand même un point commun avec Xavier Bertrand : vous croyez au Canal Seine-Nord…

Oui, et d’ailleurs tous les écologistes ne partagent pas cet avis. Cette convention, nous l’avons ressortie des cartons entre 92 et 98, alors que beaucoup d’écologistes étaient contre. La presse m’a d’ailleurs critiquée parce que Dominique Voynet [ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement entre 1997 et 2001, ndlr] était contre le canal Rhin-Rhône, et que moi j’étais pour le canal Seine-Nord. Or ça n’a rien à voir : nous sommes un plat pays, un pays de mariniers, nous sommes en face de La Haye, de Rotterdam, de Dunkerque, nous avons le savoir-faire. Certes, cette voie navigable est trop grande dans sa taille, son infrastructure, ses ambitions... On n’a pas fait assez attention aux nappes phréatiques et il y a plein de couacs à réparer. Mais c’est quand même mieux que des camions sur la route.

Ce n’est pas demander la lune : reculer les terrils toxiques !

Et Emmanuel Macron ? Quel regard portez-vous sur sa politique écologique ?

Il a fait beaucoup de promesses qu’il n’a pas tenues. Sur l’écologie, il a même été le plus grand destructeur de mesures réglementaires : sur la taille des élevages de cochons, les rejets agricoles… Il réalise toujours ses coups en douce. Il ne fait pas une grande loi sur la reconnaissance de l’agriculture, par exemple, mais glisse un amendement sur l’agri-bashing - qui porte atteinte à la liberté d’expression - dans une petite loi sur l’alimentation, l’agriculture et les prix. En Gironde, une jeune femme a fait étudier tous les pesticides présents dans les vins de haute qualité environnementale et a publié les résultats sur le site de son association. Au nom de cette petite loi passée en douce, elle a été traînée en justice par le Comité interprofessionnel du vin de Bordeaux et condamnée à payer 125 000 euros d’amende. Sa vie est ruinée. Elle va en appel, on espère qu’elle va s’en sortir, mais la loi sur les lanceurs d’alerte, avec ce petit règlement sur l’agri-bashing, vient d’en prendre un coup phénoménal. Désormais, à chaque fois qu’il y aura une alerte liée à l’agriculture – du DDT jeté dans un fossé, des contaminations dans une laiterie, etc. –, le lanceur d’alerte sera traîné en justice au lieu d’être bénéficiaire d’un statut protecteur.

Vous avez porté la première loi écologiste au Sénat relative à la protection des lanceurs d’alerte. Comment considérez-vous la situation des lanceurs d’alerte en France ?

La loi de 2013 était une loi ambitieuse : tout citoyen avait le droit d’être protégé si l’alerte lancée était sérieuse. Derrière est passée la loi de Michel Sapin (en 2016, il était alors ministre de l’Economie et des Finances, ndlr) qui a dit : « Sur les lanceurs d’alerte, Madame Blandin ne s’est occupée que de l’environnement et de la santé. Moi, je vais étendre ça à la finance ». C'est important, bien sûr. Sauf qu’il a tout re-rédigé et a sorti les associations, les citoyens, les riverains, pour garder une définition du lanceur d’alerte limitée à l’entreprise et ses salariés. Salariés qu’il oblige à passer par la voie hiérarchique pour s’exprimer. Si c’est votre patron qui commet des délits, allez-vous aller le voir pour lui dire : « Je vais lancer une alerte » ?

Nous assistons depuis à une destruction pièce par pièce. Quelques mois plus tard, il y a eu la transposition d’un texte européen sur le secret des affaires, qui est une calamité. Avec cette loi, la pneumologue Irène Frachon irait en prison puisqu’elle révèle que le Mediator contient du benzofluorex qui provoque de l’hypertension dans les artères pulmonaires. Et maintenant, il y a la loi sur l’agri-bashing. Cela dit, nous avons un nouvel espoir car l’Europe a rédigé un texte ambitieux qui ressemble plus à ma loi qu’à celle de [Michel] Sapin. Malheureusement sa transposition a été confiée à des amis de Macron. Il y a peu de chances que ça remonte en qualité… Aujourd’hui, les lanceurs d’alerte peuvent être protégés à titre personnel par le Défenseur des droits qui veille à ce qu’ils ne soient pas licenciés, placardisés ou calomniés. Mais il y a plein de pans qui excluent cette protection, qui s’est réduite à peau de chagrin.

Comment voyez-vous l’avenir de l’écologie dans une région comme les Hauts-de-France ? Qu’est-ce qui pourrait faire avancer les choses ?

Nous avons beaucoup de réparations à faire, en particulier avec un plan boisement sérieux, et sur la protection des zones humides. Il y a un certain nombre de précautions à mettre en œuvre. J’ai prévenu tous les préfets qui ont défilé dans le Nord-Pas-de-Calais – ça ne les a jamais touchés – en leur expliquant que le niveau de l’eau allait monter et que, sur le littoral, nous avons je ne sais combien d’usines Seveso avec des terrils toxiques et que c’était maintenant qu’il fallait les reculer. Ce n’est pas demander la lune ! Si les terrils toxiques sont baignés par une montée des eaux, c’est tout le channel et les poissons qui prennent le bouillon.

Dans les Hauts-de-France, il y a plein de possibilités : nous avons encore des cadres de Metaleurop, nous avons une entreprise à Auby, près de Douai, qui fait de la sidérurgie... Nous avons tout le savoir-faire pour enclencher les grandes entreprises de recyclage des batteries au lithium et de récupération des métaux. C’est un savoir-faire vraiment ch’ti. Qu’il n’ait pas été développé, c’est scandaleux ! Au début du mandat de Xavier Bertrand, je suis allée le voir avec tous ces chiffres et pour lui montrer toutes ces possibilités. Il s’est montré très aimable, on peut lui reconnaître, et m'a dit qu'il trouvait cela « très intéressant ». Et puis, il ne s’est rien passé.