Verriers de Givors : quand « les risques du métier » tuent

Alors que la justice se penche cette fin mars sur deux cas d’anciens ouvriers victimes de cancers, le sociologue Pascal Marichalar revient sur l’histoire emblématique de ces travailleurs sacrifiés.

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La verrerie de Givors. L’activité du site a cessé en 2003, après le rachat de l’usine par un groupe américain. Photo : Hugo Ribes / Item

Toute leur vie était régie par le travail à la verrerie de Givors, au sud de la métropole de Lyon. Par ses cycles en trois-huit, par l’angoisse de voir un four s’éteindre, par l’irruption du liquide en fusion et les brouillards d’huile de graissage qui collent à la peau. Un combat quotidien plus qu’un gagne-pain. Surmontant des conditions de travail éreintantes, les verriers disaient toute leur fierté de fabriquer des milliers de pots en verre pour l’industrie agro-alimentaire, à la sueur de leur front. Jusqu’à ce que la maladie prenne le dessus. A petit feu, ils ont été emportés prématurément par des maux étranges après la fermeture de l’usine O-I Manufacturing (ex-BSN Glasspack) en 2003.

En août 2017, Mediacités publiait une série de portraits multimédias des verriers de Givors. A (re)découvrir ici :

https://www.mediacites.fr/lyon/enquete-lyon/2017/08/21/vallee-de-la-chimie-la-sourde-colere-des-verriers/

Passé une période de déni, les ouvriers ont fini par enquêter sur leurs propres pathologies. Ils ont découvert des taux de cancer bien plus élevés que la moyenne. Depuis plus de dix ans, ils dénoncent la responsabilité de leurs employeurs et une exposition prolongée à une cinquantaine de substances toxiques et cancérogènes (hydrocarbures, amiante, PCB, benzène, silice, arsenic, solvants, etc.), sans protection adéquate. Ces produits auront eu raison de bon nombre de leurs camarades, comme Christian Cervantes, délégué syndical, fer de lance de la mobilisation, disparu en 2012 suite . . .

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Temps de lecture : 5 minutes

Par Daphné Gastaldi / We Report