Smart city : un risque « d’effacement de la démocratie locale »

Les Google, Amazon et autres Facebook gouverneront-ils bientôt nos villes ? Fascinés par le mythe d'un « salut par la technologie », certains élus leur ouvrent de plus en plus largement la porte. Au risque, prévient l'urbaniste Jean Haëntjens, de voir les algorithmes mettre sous tutelle la démocratie locale.

Songdo
La ville de Songdo, en Corée du Sud, premier exemple de smart city / Photo : Creative Commons

Il y a d’abord eu Songdo, la première « smart city » coréenne, câblée de la cave au grenier par le géant de l’électronique Cisco, où capteurs, caméras et autres objets connectés gèrent en temps réel les réseaux vitaux de la cité comme la vie quotidienne des 250 000 habitants. Il y a désormais Seattle, surnommée "Amazon city" depuis que l’entreprise de Jeff Bezos y a implanté son quartier général, y teste ses dernières innovations et y décide quasiment de la politique fiscale. Il y aura bientôt Toronto, où Google a obtenu de la municipalité le droit d’aménager un gigantesque quartier censé évoluer en fonction des données récoltées sur les habitants...                

Déjà au cœur de nos vies, les géants du numérique, en tête desquels les fameux GAFA (Google, Amazon Facebook, Apple), sont désormais en passe de conquérir celui de nos villes. Leurs promesses ? Améliorer la façon dont nous construisons et habitons nos logements et bureaux . . .

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Temps de lecture : 6 minutes

Par Benjamin Peyrel